lundi 30 novembre 2009
Cours de coki
On t’appellera Mbeuh
lundi 12 octobre 2009
Explorations dans le Nord Cameroun
« Tu verrais les autoroutes en France, les péages sont grands ! C’est vraiment bien différent de chez nous. Et puis tout au long du trajet il y a des aires aménagées où tu peux t’arrêter, te reposer un peu et acheter un petit coca… à la machine ». Le père Jacques, directeur des études de l’IST-AC a passé une partie de « l’été » en France pour rencontrer ses collègues de l’ICAM de Lille. A son retour, nous avons pris un poisson un poisson ensemble au quartier. J’étais amusé de voir son émerveillement à la vue de notre organisation, de notre technologie omniprésente. De la même manière, les Emmanuelle et Nicolas, en vacances au pays me raconteront combien la vie est plus simple, plus reposante en Europe : les bus partent à l’heure, on trouve tout dans les supermarchés (au bon (?) prix, sans négocier !) les voisins mettent leurs baffles à l’intérieur de leur appartement. Mais on vit aussi chacun de son côté, on ne connaît pas ses voisins, et le lien humain se perd peu à peu : caissière sera-t-il devenu un mot de vieux français lorsque je reviendrai à mon tour ?
Je n’ai pas souhaité renter en France pour les congés. Pas que ma famille, mes amis, mes Pyrénées et mon bassin d’Arcachon ne me manquent pas, mais 2 ans c’est tellement court pour découvrir un pays, une culture, des gens. Après le mariage de Benjamin à Yaoundé, je suis donc parti 15 jours à la découverte des régions du Nord Cameroun.
Initialement, j’avais souhaité raconter mon périple de manière détaillée afin de vous permettre de voyager un peu avec moi, de ressentir ce que les photos n’arrivent pas à faire passer, mais voyant que seul le voyage en train Yaoundé-Ngaoundéré prenait déjà une demi page, je me suis dit qu’il me faudrait condenser mes idées si je ne voulais pas vous livrer une autobiographie qui ne paraîtrait que dans plusieurs mois !
Comme je vous le disais donc, j’ai passé 15 jours à entrevoir quelques-unes des richesses du Nord Cameroun. Emilie et moi avions prévu ce voyage de longue date ; nous avions même élaboré un programme détaillé 2 semaines avant le départ. Finalement, ce programme, nous ne l’avons pas suivi du tout. Nous nous sommes laissés conduire au grès des rencontres et des opportunités : au jour le jour, comme en Afrique.
Des rencontres, nous avons eu l’occasion d’en faire au cours de ce séjour. Ce sont tout d’abord les volontaires DCC : ceux de l’Extrême Nord, Benjamin, Timothée et Jérôme, qui nous ont fait découvrir leur région, mais aussi ceux du Tchad, Morgane et Nancy. De bons moments échangés et pour moi tout particulièrement, la joie de retrouver Morgane, mon amie de Nantes : quel bonheur de revoir ces amis qu’on l’on a quitté en partant en coopé, que de choses à se raconter, que d’expériences à partager !
Mais n’aurait-il pas manqué quelque chose au voyage si nous n’avions eu l’occasion de rencontrer les gens, ceux qui vivent ici et qui savent mieux que quiconque nous présenter leur pays ? Toutes ces personnes avec qui nous n’avons échangé que 2 mots ou alors pris le temps de partager, et avec qui nous avons pu nous sentir un peu moins blancs, un peu moins touristes, un peu plus camerounais. Ce sont les mamans chez qui nous avons mangé, dans les marchés, assis sur les nattes et mangeant la boule de riz avec les doigts comme tout le monde, ce sont les chauffeurs de motos qui nous ont conduits à Roumsiki ou à Djingliya, les orphelins de Papa Philippe et Maman Martine, c’est aussi Jérémy, notre guide à Roumsiki, le prêtre rencontré à Djingliya qui nous accueilli tout simplement chez lui, la sœur de sœur Jeannette (du centre d’Emilie) heureuse de nous voir à Garoua ou encore le sultan de Pouss qui nous a reçus dans sa demeure ; tous ces gens qui, à leur manière, nous ont permis de voir quelques bribes de ce Cameroun inaccessible aux étrangers.
Quelles belles régions que celles du nord Cameroun ! Bien loin des forêts luxuriantes de la région du Littoral, des collines vertes et rouges de la région de l’Ouest, l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême Nord nous font découvrir des paysages plus proches des images d’Epinal de l’Afrique, de la savane aux espaces pré-sahéliens.
A moto vers Roumsiki, nous avons voyagé à travers ces immenses étendues plates, juste troublées ici et là par d’étranges pics rocheux sortis de nulle part. Quelques kilomètres plus loin, nous nous baladions dans la montagne, à 2 pas de la frontière nigériane, dans une grande vallée rendue toute verte par la saison des pluies : aux pics rocheux près, je me serais cru dans les Pyrénées… nostalgie, nostalgie…
Du côté de Djingliya, nous avons pris le temps de nous promener sur les petits chemins, passant à proximité des boukarous (cases rondes en terre et à toit de paille), croisant les mamans portant des pagnes multicolores et souriant aux enfants qui criaient « nassara, nassara (le blanc) ! Bonne année ! Les cadeaux ! ».
En allant vers Pouss, nous avons traversé les grandes rizières, nous avons salué les hippopotames du lac de Maga, puis nous nous sommes arrêtés au bord du Logone, frontière naturelle avec le Tchad.
Et puis à Lagdo, j’ai laissé cours à mes penchants d’aventurier, grimpant sur les rochers, traversant les hautes herbes dans ces espaces qui rappelaient un peu le Livre de la Jungle.
« Le Cameroun, une Afrique en miniature… »
Voilà donc en quelques mots le récit de mes explorations en terre camerounaise. Mais je vous laisse découvrir ça par vous-mêmes en regardant les différents albums photos… que j’espère mettre en ligne sous peu ! (le tri a été fait, mais mettre 100 photos sur Internet tout en continuant de travailler pour l’IST-AC et avec le débit qui est ce qu’il est reste une activité particulièrement sportive !).
Il me semble radoter, mais on le dit jamais assez et puis il vaut toujours mieux le dire 2 fois qu’une : merci à vous d’être là avec moi, par vos coups de fils, vos lettres, vos colis, vos méls, votre disponibilité sur msn et autres.
On est ensemble !!
lundi 13 juillet 2009
Juillet : la fin de l’année scolaire approche, l’été arrive. L’été ou plutôt la saison des pluies ! Il pleut quasiment tous les jours, heureusement pas toute la journée, mais quand l’eau tombe, malheur à celui qui se trouve en extérieur sans parapluie (5 secondes suffisent !). Lors des averses, c’est un espèce de bourdonnement sourd qui emplit la ville aux toits de tôle, tandis que les égouts n’arrivent pas à avaler le déluge, laissant quelques endroits inondés. Mais la pluie n’a pas que des inconvénients : la température chute et le climat devient plus supportable à Douala. Dans l’ouest (Dschang et Fontem par exemple), c’est même trop : la température peut frôler les 10°C. Alors on se retrouve avec des aberrations : Emilie (de Dschang) contente de trouver la chaleur de Douala !
A l’IST-AC comme à l’école ou au lycée, l’année prend fin. Début juin, c’était les soutenances des dernière année : Projet Pré Ingénieur (≈ PFE ou TFE) pour les uns Mission Industrielle pour les autres. Une semaine de jury : intéressant, mais crevant ! Semaine suivante, correction des rapports et chasse aux retardataires. Depuis, les MI étant terminées, je peux me consacrer pleinement aux 2 autres missions : la collecte des paiements auprès des entreprises et bien sûr la recherche des contrats pour septembre. De phases euphoriques lorsque les contacts tombent tous seuls en phases de stress lorsque les pistes sûres à 95% ne se concluent toujours pas par une signature, la vie de technico-commercial est forte en émotions !
Fin de l’année scolaire et 6 premiers mois à l’IST-AC : c’est l’heure des bilans. Je termine le premier de mes 4 cycles (2 ans * 2 périodes de MI par an) et je suis devenu le seul maître des missions industrielles : mes contacts avec Nicolas se réduisent maintenant à l’informer de l’avancement de mon travail et très ponctuellement à lui demander conseil pour les cas plus complexes.
Malheureusement, je ne m’épanouis toujours pas entièrement dans mon travail. C’est certainement la faute au volet commercial : les appels qui n’aboutissent pas, les rendez-vous où on attend pendant 2 heures, le travail entrecoupé et répétitif. C’est également l’obligation de résultat (obtenir 10 contrats pour septembre) sans la maîtrise des paramètres : en conception technique, les compétences et le travail permettent toujours d’arriver à ses fins ; dans les relations commerciales, on a beau être bon (ce qui n’est pas encore mon cas !) et persévérant, la décision revient toujours au client. Au niveau technique, le travail est également limité : une fois les conventions signées, je ne suis que de loin toute l’étude : ce sont les étudiants qui la réalisent. J’avais constaté cela en tant que conducteur de travaux à Compiègne et je le retrouve ici : je suis définitivement un technicien. Management et relations commerciales : pourquoi pas, mais à petite dose !
Enfermé dans mon bureau, beaucoup en contact avec les entreprises, j’ai parfois l’impression d’être déconnecté de la vie de l’école et des étudiants, d’avoir un peu ma mission dans mon coin. Les contacts avec les étudiants dans le cadre des MI existent, mais sont plus lâches que ceux qu’entretient un professeur. Sur cette période, c’est surtout avec les 2 étudiants de mon équipe MI _dont je suis particulièrement fier, vu la manière dont ils ont été encensés par l’entreprise_ que j’ai eu des échanges. Avec les autres, je n’ai souvent eu que des contacts légers : « Bonsoir. C’est comment ? Et la MI ? ». Et avec les étudiants des autres promotions c’est encore pire (les MI ne concernent que les dernière année)… De ce côté les « torts » sont partagés : mon poste ne me porte pas toujours à avoir des contacts approfondis, mais c’est aussi à moi à forcer la discussion avec les étudiants, à retenir leurs noms, à chercher à les comprendre (ça ne devrait pas être trop dur : je suis encore un peu étudiant dans l’âme !).
Le travail en milieu privilégié m’est également encore difficile à vivre : donner un sens à sa mission. Il est tellement plus facile de travailler en milieu défavorisé (pour moi, l’orphelinat) : on se sent directement utile, on a un retour immédiat du travail que l’on fait. Mais un ingénieur utilise-t-il pleinement ses compétences, est-il vraiment utile dans un travail qui n’est pas le sien ? La mission à l’IST-AC est peut-être moins gratifiante, mais c’est là que l’on m’attend principalement, c’est là que je peux utiliser au maximum les compétences que j’ai acquises lors de mes études. A l’orphelinat, je donne ce que je peux, avec le peu de connaissances que j’ai dans le domaine de l’éducation. Je donne un peu de temps, un peu de joie, un peu d’attention, un peu d’amour. Et je reçois énormément : la joie des enfants panse le cœur triste et persuade qu’on a sa place. A l’IST-AC c’est différent : c’est un peu à chacun d’avoir la conviction que son travail est utile. Mais lorsqu’un étudiant (même s’il n’y en aura eu qu’un) vous remercie pour la place que vous avez eue dans sa formation, cela vaut une centaine de sourire d’enfants et cela donne la conviction que « oui » ce que l’on fait est utile.
Avec mes 6 mois sont donc venues les séries d’entretiens : avec Nicolas (futur directeur de l’IST-AC Douala!), avec Alain (l’actuel) et avec Jean-Gabriel (directeur de l’IST-AC Pointe-Noire et de l’IST-AC au global). Cela m’a permis de faire ressortir quelques-unes des réflexions évoquées ci-dessus et puis d’envisager de petites évolutions pour l’an prochain. Pas de grande révolution non plus : je resterai responsable de mes MI ; mais je pourrai avoir quelque activité annexe. Organiser une vitrine développement durable, travailler sur un sujet technique avec un laboratoire, ou m’investir dans les Projets d’Engagement Social (projets auprès de personnes défavorisées et qui entrent dans le cadre des études) sont quelques-unes des pistes qui me sont proposées. Tout ne sera pas faisable dans ma courte semaine et il me faudra choisir. Pour l’instant, mon cœur penche plus du côté des PES : certainement l’optique de travailler à la formation d’ingénieurs inspirés par les valeurs chrétiennes. Mais c’est vrai que retourner un peu vers la technique… J’ai l’été pour y repenser !
Du côté de l’orphelinat, le temps est un peu au relâchement. Un moment, j’avais essayé de plus structurer mon travail, d’arriver un peu moins « à l’arrache ». Et puis sont arrivés des étudiants de l’IST-AC en PES et qui m’ont un peu perturbé dans mon emploi du temps. Depuis je viens de nouveau sans avoir trop rien préparé et je me laisse porter par les évènements : discuter avec les mamans, les gardiens ou les jeunes de l’atelier de couture, accompagner les enfants à la bibliothèque, proposer un « chef d’orchestre », un « petit bac » ou un « jungle speed ». Mon travail est certainement moins structuré, moins professionnel, mais j’y gagne la liberté de parler avec l’un ou l’autre et de connaître le Cameroun un peu plus en profondeur.
La semaine dernière, j’ai fait la connaissance de Dorothée et Agathe, 2 françaises qui sont là les 2 mois dans le cadre d’une association du domaine de l’éducation. Les discussions que nous avons eues ont été vraiment intéressantes. Passant leur semaine avec les enfants, elles ont plus le temps de les connaître individuellement, de voir leurs potentialités et de les aider à réaliser leurs projets. De là me sont revenus ces guides de la pédagogie scoute : « Faire avec lui. Croire en lui plus que lui ». Beau projet ! De mon côté, j’avais (très fortuitement) commencé à travailler un peu avec 2 jeunes : Virginie pour la lecture et Stéphane pour les probabilités. Tout seul pour 39 enfants et jeunes et n’étant là que le mercredi, j’aurai du mal à m’intéresser individuellement à chacun, mais j’essaierai d’apporter ma petite touche en me laissant inspirer « Croire en lui plus que lui ». Et puis, en septembre doit arriver une jeune fille qui sera là pour un an à l’orphelinat : le projet de Dorothée et Agathe pourra se continuer.
Mais la coopé, ce n’est pas seulement la mission elle-même. Ce sont aussi tous les liens créés avec les camerounais. Tout doucement, tout doucement : là aussi ça prend son temps. Pourtant, il peut être facile d’avoir une paire d’ « amis » en quelques jours, mais ceux-là sont les amis intéressés. Les vrais liens prennent plus leur temps. Au boulot l’ambiance est bonne, mais les relations ne sortent pas encore du milieu professionnel. Pourtant je m’entends bien avec certains collègues ; ça viendra. En dehors de l’école, c’est Ingrid qui travaille chez Novartis ou Louis-Bernard en thèse de Géographie. Mais c’est aussi Nadège l’amie de plusieurs génération de DCC, Cathy notre femme de ménage et chez qui nous étions invités ce midi, Ibrahim le taximan, Nadège la vendeuse d’œufs.
Le nouveau venu, c’est Deïdo. Deïdo est un ancien joueur de football qui a évolué en Angleterre jusqu’à sa blessure. C’est là-bas que de chrétien il est devenu juif messianique (c’est-à-dire qu’il reconnaît Jésus comme étant le fils de Dieu et le sauveur que le peuple juif attendait). Il de retour au pays pour faire naître une communauté au Cameroun. Deido m’a abordé un soir alors que je rentrais du boulot. Cela faisait plusieurs fois qu’il me remarquait dans le quartier et il a donc engagé la conversation. Par la suite nous nous sommes croisés plusieurs fois échangeant quelques mots. Et puis avec le match de foot Maroc/Cameroun, il était indispensable de l’avoir comme commentateur. Nous l’avons donc invité à voir l’évènement dans un bar et à ma grande surprise il a rompu avec la tradition africaine en payant les consommations (en principe, celui qui propose paie sa tournée). Depuis nous nous croisons de temps en temps dans le quartier. A part le samedi où on le reconnaît facilement avec ses habits de sabbat, c’est généralement lui qui m’interpelle d’un joyeux « Benoît ! ». Nous parlons un peu, partageons des brochettes ou des plantains braisés. Les liens se tissent simplement, sans arrière pensée, juste pour le plaisir d’échanger.
Habitué à me constituer rapidement un bon groupe d’amis, notamment en utilisant les réseaux cathos (aumôneries étudiantes, groupes scouts), je me retrouve un peu frustré de voir la lenteur avec laquelle s’établissent les liens avec les camerounais lors de ma coopé. Et de la même manière un peu déçu de ne pas pouvoir toujours entrer en profondeur et échanger avec eux sur des sujets de fond. Ainsi, lors de la polémique de la réintégration des évêques intégristes, je m’étais ainsi trouvé isolé, ne trouvant guère qu’Emmanuelle et Nicolas pour échanger sur le sujet. Mais finalement mes souhaits ne sont-ils pas hors de propos ? Nous sommes si différents : culture, niveau d’éducation, niveau de vie et surtout état d’esprit. Avant mon départ, mon projet suscitait généralement l’envie ou l’admiration. Ici il peut susciter l’incompréhension. Discutant avec un camerounais lors d’un trajet en taxi, j’ai eu un mal fou à lui expliquer (et encore m’a-t-il cru ?) que je n’étais pas là pour amasser de l’argent, mais pour accomplir un projet personnel dans un cadre d’Eglise. Mais dans ce pays où nombre de gens se galèrent pour survivre et rêvent de la France, peut-on seulement comprendre qu’on puisse renoncer au confort et au salaire qu’on y aurait eu ? Et puis les volontaires plus avancés dans leur coopération vivent la même difficulté. Max (puisqu’il faut bien le citer) fait très justement remarquer que nous n’avons pas le même langage et qu’un camerounais n’aura pas avec n’importe qui une discussion sur le football, de même que nous n’échangeons pas avec n’importe quel ami français de nos convictions profondes, religieuses ou politiques. Savoir profiter de ces relations simples, savoir être patient.
Mais au Cameroun nous avons également la chance d’avoir un réseau DCC conséquent et, les routes goudronnées aidant, il est plus facile d’aller visiter l’un ou l’autre. Les rencontres entre volontaires sont toujours de bons moments de coupure où l’on peut oublier un peu le boulot et échanger sur les difficultés que chacun rencontre. Et cet échange est nécessaire pour tenir : n’est-ce pas rassurant de voir que d’autres rencontrent ou on rencontré les mêmes obstacles ?
C’est ainsi que du 20 au 24 mai ce n’est pas un week-end, mais quasiment une semaine DCC qui s’est tenue à Pouma chez Max et Julie. Week-end de détente avec les matches de foot ou de volley, de cuisine aussi entre les repas à cuisiner et la préparation des bobolos ou des miondos (batons de manioc). Mais également week-end de réflexion avec un temps d’échange sur la coopé et un week-end recueillement avec un temps de prière et de partage en mémoire d’Anne-France, notre chargée de mission DCC qui nous a quittés au mois de mars.
La période des anniversaires a également été un temps fort. Une carte, un appel, un SMS, un e-mail, un goûter d’anniversaire : c’était agréable de sentir la présence de chacun, camerounais, français, amis, famille pour ce premier anniversaire au Cameroun. Et puis il y a ceux qui venus pour les 50 ans (26 + 24) de la colloc’ lors du birthday week-end du 13 juin. De Dschang, de Fontem, de Pouma, de Douala, amis français et camerounais : une belle soirée conviviale à Bonantone, chez nous puis rue de la joie (équivalent de la Victoire, Solférino, le Bouffay, etc..).
Mais l’anniversaire n’a pas été la seule occasion d’accueillir du monde à la maison. Douala si régulièrement critiquée s’est vue fréquemment visitée par l’un ou l’autre venu chercher des amis à l’aéroport, faire des courses à la ville, ou tout simplement visiter le Cameroun. Avec les grandes vacances françaises, c’est maintenant la période des projets humanitaires et nous voyons passer les étudiants ingénieurs de l’ICAM ou de l’ESTP et bien entendu les compas et les JEM (les aînés des Scouts et Guides de France). Ca fait de l’animation, ça remonte le moral et ça suscite certainement des congossas (rumeurs) dans le quartier : que viennent trafiquer tous ces blancs ?...
Je ne saurais terminer cet article sans évoquer la rubrique voyages. Les voyages, c’est tout d’abord la découverte de Douala. Au bout de 6 mois on a ses habitudes et on peu penser tout connaître de la capitale économique. Là est bien l’erreur et même si ce n’est certainement pas le coin le plus agréable du Cameroun, cela vaut le coup de partir à l’aventure pour découvrir les différents visages de cette ville en constante évolution. Les guides touristiques nous mènent droit au quartier historique de Bonanjo où l’on trouve les vielles bâtisses de l’ère coloniale, le palais des rois Bell et le monument au Général Leclerc (saviez-vous que le Cameroun a été la première colonie à rallier les FFL ?). En se baladant un peu on trouve les grands marchés : le marché central pour les denrées alimentaires, le marché Congo pour les tissus. Douala devient plus populaire. Mais ce n’est qu’accompagné de camerounais que l’on peut découvrir « Village », quartier en pleine expansion issu de l’exode rural. Bonantone aura pu paraître populaire à certains, Bilongué n’a rien à voir. Dans ce sous-quartier de Village les voies ne peuvent plus être appelées des pistes tant elles sont défoncées par les camions de sable, seulement praticables pour les piétons. Hysacam (la société responsable de la collecte de déchets) ne passe pas dans ce lieu reculé et les ordures s’entassent dans les décharges sauvages qui s’épandent dans les rues lors des fortes pluies. La vie est difficile dans les grandes villes africaines et même si je n’ai pas ma maison à Bonapriso, mon 4*4 et mes 2 000 000 Fcfa de salaire mensuel, je réalise ma condition privilégiée de volontaire européen.
Lorsque je ne suis pas à Douala, je continue de découvrir ce beau pays qu’est le Cameroun. Après un passage à l’inévitable Kribi (plages de sable blanc, pirogues, cocotiers, chutes de la Lobé) en avril, les mois de mai et juin ont été l’occasion de faire quelques excursions dans l’ouest. Deux petits jours entre Mélong et Bafang une première fois, Dschang le week-end dernier. J’y ai retrouvé Alice de Fontem et Emilie (de Dschang !) pour un bon temps de dépaysement, loin de l’excitation et de la chaleur de Douala. Relativement à ces 2 week-ends, il semble que les sorciers des transports s’acharnent sur moi : après ma fameuse expérience vers Limbé, j’ai pu profiter des 5 heures d’attente avant le départ pour Mélong (le temps que le bus soit chargé) ou encore de l’arrivée à 2h30 du matin à Dschang après nous être perdus dans le quartier de Bonabéri, avoir attendu la fin du chargement à la gare routière, être passés à travers les bouchons de Douala et avoir testé la panne en pleine brousse.
Mon article s’achève sur les perspectives futures. Loin, loin, l’IST-AC, loin, loin, l’orphelinat : vendredi prochain je pars en congés pour 3 semaines. Un mariage à Yaoundé, puis départ pour le Nord Cameroun où nous retrouverons Morgane, Nancy et Anne du Tchad et enfin retour dans l’ouest : Dschang, Fontem et plus si pas fatigué ! 3 semaines bien méritées en tout cas : il était temps !!
Merci pour votre soutien, merci pour vos nouvelles,
On est ensemble !
Benoît
mercredi 27 mai 2009
Easter in Fontem
mardi 7 avril 2009
Mes missions : à l’IST-AC et à l’orphelinat
J’ai définitivement endossé mon costume de responsable des missions industrielles de l’IST-AC. Le suivi des missions en cours continue. Pour les étudiants, plus que 2 mois pour atteindre les objectifs ; pour les encadrants, satisfaction ou stress selon l’avancement et le retour du client ; pour moi-même, chasse aux informations pour se faire une opinion claire de chacune des MI et prendre les mesures nécessaires au bon achèvement de chacune.
Mais le gros du boulot se concentre maintenant sur la prospection des MI de septembre. Coups de fils, e-mails, rendez-vous : ça enchaîne. Enfin surtout les coups de fils car les rendez-vous ont bien du mal à tomber ces temps-ci et la pression monte d’un cran. Heureusement, les journées portes ouvertes de l’école viennent de se tenir, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives. Jeudi et vendredi les entreprises ont pu visiter nos locaux et discuter avec les étudiants et les professeurs. Du côté des MI, les exemples concrets présentés par les étudiants ont permis de montrer la complexité des études réalisées et la qualité du travail fourni. Je pourrai m’appuyer là-dessus pour vendre de nouveaux contrats. Affaire à suivre !
A l’orphelinat, les choses progressent tout doucement. Je réalise la difficulté de mon travail : s’occuper de 3 tranches d’âge en même temps n’est pas commode. Et les petits (moins de 5 ans) peuvent être particulièrement difficiles à gérer parfois.
Mon emploi du temps du mercredi n’est pas encore réglé, mes activités pas toujours très construites, mais ça s’améliore. J’essaie d’apprendre les couleurs aux petits (travail de longue haleine !), j’amène des livres pour raconter des histoires, j’ai acheté quelques crayons de couleur pour les faire dessiner. Je suis aussi aidé par Bénédicte, une étudiante en psychomotricité. Ses connaissances lui permettent de comprendre le comportement des enfants et de proposer quelques activités pour développer leurs aptitudes physiques et intellectuelles.
Avec les primaires, je continue sur la lancée en proposant des jeux de plein air trouvés parfois à la dernière minute. Le travail est bien plus brouillon ! Il faudrait que je prenne le temps de choisir mes activités et de les préparer à l’avance. Le jeu ne doit pas être une fin en soi. Il doit aider à transmettre quelque chose.
Avec les lycéens, le contact se fait. Lentement, mais sûrement ! Comme avec les primaires, je suis passé par le jeu : jungle speed et loup-garou. La semaine dernière, la sœur qui s’occupe de leur éducation religieuse m’a demandé si je pouvais lui donner un coup de main. Je n’ai pas vraiment d’expérience dans le domaine, mais l’idée de les aider à grandir dans leur vie dans et leur foi me plait énormément.
Pas mal de boulot en perspective pour approfondir mon poste à l’orphelinat. Reste à trouver/prendre le temps de se poser pour y réfléchir. Passer d’animateur à éducateur (soyons ambitieux !) ne se fait pas tout seul.
Ouest, Centre, Sud : attention me voilà !
Toujours un bon prétexte pour voyager, découvrir d’autres régions, d’autres villes, d’autres gens : mars a été un mois particulièrement riche.
Leçon N°1 : s’arranger pour que ce soit le patron qui paye les "vacances".
Un concours mi mai, des terminales C et D à informer : il ne reste plus qu’à choisir la région de rêve où faire le recrutement. Grâce à l’IST-AC, j’ai ainsi pu faire un aller-retour éclair à Kribi où j’ai eu un premier aperçu des fameuses plages de rêve (sable blanc, cocotiers, pirogues sur la plage et paillottes où déguster le poisson braisé). Mais le recrutement m’a surtout permis de découvrir la région de l’ouest, fameuse pour ses chefferies traditionnelles. J’ai ainsi pu visiter les collèges (=établissement privé) et les lycées (=établissement public) de Bafoussam, Bandjoun et Dschang… les chefferies ce sera pour une autre fois : j’étais là pour le boulot quand même ! En tout cas, j’ai pu découvrir le centre pour enfants handicapés où travaille Emilie (volontaire DCC avec laquelle j’étais en formation à Chevilly en novembre) ainsi que l’association de réinsertion des aveugles dont le directeur de l’IST-AC s’occupe particulièrement. Et puis je n’ai pas fermé les yeux (ni l’appareil photo d’ailleurs !) sur les différents paysages qui s’offraient à moi : je reviendrai fouler la terre rouge de l’ouest ! Au fait, petite anecdote juste pour le plaisir : les 3 h d’attente à Douala avant que le car de Bafoussam ne soit chargé, puis les 5h30 de trajet : patience, patience…
Leçon N°2 : profiter de la venue du Pape pour aller à Yaoundé.
Vexé que je ne sois allé le voir ni Sydney, ni à Paris ni à Lourdes, Benoît XVI a programmé un voyage au Cameroun dès qu’il a eu connaissance de mon affectation à l’IST de Douala. Devant une telle insistance, j’ai été obligé de céder et d’aller le voir à Yaoundé. Travaillant dans une école catholique, ça n’a pas été trop dur d’obtenir les jours de congé qu’il fallait. Je suis donc parti le mercredi midi pour Yaoundé où j’ai retrouvé Jérémy et Odésie ainsi qu’Alice et Elise (2 volontaires de Fontem, à 2h de piste de Dschang). Le soir j’ai pu voir mon grand cousin Antoine, journaliste spécialiste du Vatican (c’est d’ailleurs par lui que j’avais eu l’information concernant la venue de Benoît XVI au Cameroun) et qui était dans l’avion du Pape. Il nous a offert un verre au Hilton, très probablement le meilleur hôtel du pays ! Le lendemain matin, la fameuse messe au stade Ahmadou Ahidjo, puis retour sur Douala en fin d’après-midi. Voyage vraiment rapide, pas vraiment eu le temps de voir Yaoundé, mais c’était surtout pour le Pape que j’étais là non ?
Leçon N°3 : ne jamais louper un WE DCC.
Avec près de 30 volontaires éparpillés aux 4 coins du territoire, le Cameroun est le pays le plus peuplé (de DCC) au monde ! Et c’est vraiment sympa d’avoir ce réseau. WE improvisés chez les uns chez les autres ou grands WE DCC organisés à l’avance, c’est toujours aussi agréable de pouvoir se retrouver, de souffler un peu, de changer d’air (surtout quand on habite Douala !). Au cours de ce dernier mois, je suis donc passé voir Stéphane de Makak (prof d’info et conseiller d’orientation au collège) et Max et Julie de Pouma (gestionnaires de l’hôpital).
Douala-Makak, c’est direct : ça se fait en train. Par contre, attention à ne pas louper le départ : y’en a que 2 par jour (voire peut-être même qu’un seul). Il n’y a qu’une seule voie et les croisements de trains se font exclusivement dans les gares. Alors il peut arriver que votre train s’arrête quelque temps dans une gare, le temps que le celui de Bolloré transportant les marchandises de Bolloré et nécessairement prioritaire (Bolloré est propriétaire de Camrail) arrive en sens inverse. En tout cas, on traverse des endroits tout-à-fait sublimes (Cf. photos sous peu) et c’est vraiment génial de pouvoir tranquillement ouvrir la porte du train et se pencher pour regarder (en se tenant et quand le train ne va pas trop vite bien-sûr : je suis fou, mais pas cinglé !). Arrivés à Makak, nous avons enchaîné sur un cours de cuisine camerounaise : le mbongo de poulet. Je suis habitué à manger ce plat chez une maman le midi, mais je ne m’étais pas vraiment rendu compte que cette petite sauce noire "toute simple" demande beaucoup de travail et un sacré entrainement. En effet, il s’agit d’écraser en poudre fine un certain nombre de condiments en utilisant juste une simple pierre. Et bien autant vous dire que si la jeune voisine de Stéphane ne nous avait pas donné le coup de main, on n’aurait pas mangé le dîner de si tôt ! Le samedi matin, retour à la terre : Stéphane cultive son jardin et nous l’avons aidé à préparer son champs de tomates. L’après-midi, nous avons pris les bensikines (motos) et traversé la forêt pour nous rendre jusqu’à des chutes où nous nous sommes baignés : en caleçon, en short ou tout habillé ! Le soir, après un dîner au resto où nous (oui au fait, nous = Stéphane et 2 de ses amis américains de Makak + Barbara, Adeline et Sophonie de Bafia + Jérémy, Odésie et Jérôme de Youndé + Emilie de Dschang + moi-même de Douala) avons dégusté la gazelle, nous nous sommes retrouvés projetés VIP dans une fête d’anniversaire où nous ne connaissions personne, pas même la jeune fille qui fêtait ses 23 ans : privilège des blancs ; je reviendrai là-dessus un de ces jours. Ensuite comme nous n’étions pas assez fatigué, Emilie, Stéphane et moi avons continué à jouer aux cartes jusque 4h30. 2h plus tard, nous étions debout pour aller prendre le train du retour. 3 jours de pur dépaysement.
Je ne vous présente pas de nouveau Pouma, son hôpital, Max et Julie les gestionnaires, leur maison et leur superbe terrasse. J’y suis retourné avec Emilie il y a 10 jours. WE très pépère, pas de débroussaillage à la machette cette fois-ci, mais de bons coups de ciseaux dans mes cheveux : ça devenait urgent. Une petite anecdote amusante : la messe du dimanche qui était la première messe du nouveau curé. En fait, nous ne sommes pas restés jusqu’à la fin : nous sommes partis au bout de 3h ! Les chants étaient vraiment beaux, mais l’homélie a tout gâché. Déjà que nous n’avions pas réussi à comprendre l’homélie du fait des problèmes de micro, mais quand le curé est parti dans (au moins) 1h d’homélie, 30 minutes en français incompréhensible du fait du micro et 30 autres en Bassa (dialecte local) donc encore plus incompréhensible (si ce n’est le terme Iesu), les nerfs ont commencé à lâcher. Quand on vous dit que les messes africaines sont longues !
Le Pape à Yaoundé, la Journée Mondiale de la Jeunesse à Douala : retour sur 2 évènements religieux
Les polémiques du mois de février m’avaient bien ébranlé et pour tout vous avouer, j’ai bien hésité à aller voir le Pape pour la messe de Yaoundé. Mais un évènement pareil n’arrive pas tous les jours en Afrique (et moi-même je en serai certainement pas en Afrique toute ma vie) : il fallait que j’y sois. Finalement, je n’ai pas vécu cet évènement aussi profondément que je l’aurais souhaité. Je m’attendais certainement à être subjugué comme pour les JMJ de Cologne, mais il n’en a rien été. Pourtant autour de moi la ferveur était là : quel accueil ! Et puis quelle belle messe : superbes chants en français, en anglais et en langues. J’ai juste regretté de ne pouvoir dire le Notre Père pour lequel le latin avait été choisi (…). Alors finalement, pourquoi ne pas être totalement rentré dedans ? Les récentes polémiques ? Les acclamations qui me semblaient trop importantes pour un simple homme ? Le trop grand empressement des fidèles pour donner leur offrande ou communier au cours d’une messe, tout compte fait aussi importante que toutes les autres ? Ma voisine sortant ses stylos pour qu’ils soient bénis ? Toujours est-il que je ne me suis senti un peu en décalage avec toute cette agitation. Mais je retiendrai cette ferveur, cette joie des gens à la vue du Pape, ce grand rassemblement pour une messe commune.
Pour ceux qui l’auraient oublié, la Journée Mondiale de la Jeunesse, c’est tous les ans, le dimanche des rameaux. A cette occasion, une grande messe des jeunes était organisée à Douala à côté de la cathédrale le samedi matin (en fait ça n’a pas été la messe des rameaux !). Je devais être un des seuls blancs présent (d’ailleurs à ma paroisse nous ne sommes que 2 : le curé et moi !) mais j’ai vraiment adoré. Les chants étaient entraînants, l’ambiance très priante et surtout je me suis senti totalement intégré, totalement accueilli. Messe à taille humaine, chants et joie orientés vers Dieu et puis aussi un état d’esprit personnel différent : je suis vraiment rentré dans ce petit évènement.
Dèjà 4 pages sur Word et puis déjà 23h… Je vous aurais bien parlé de la rencontre des différents volontaires DCC, de mes premières escapades avec des expatriés, des liens que je consolide avec Marcellin et Ingrid, de la rencontre de Louis-Bernard, mais il faut vraiment que j’y aille : 7h de sommeil c’est largement insuffisant ici.
Le week-end prochain je serai à Fontem pour passer Pâques avec Alice, Elise et les camerounais de la zone anglophone du Cameroun.
Bonne fête de Pâques à vous tous et à bientôt !
PS : Avec près d’un mois de retard, bonne fête de la femme à toutes !
lundi 16 février 2009
M'ennuyer ? Pas le temps !
Peut-être avez-vous déjà remarqué les quelques changements sur l’organisation du blog. Tout d’abord, les liens vers les blogs d’autres DCC ou vers des sites comme celui de Jeune Afrique. Mais surtout : les photos ! Les inclure directement dans les articles est vraiment trop long. Je vous proposerai donc des liens vers mes albums sur Picasa.
Bonne lecture !
Une autre culture
Comme je vous l’avais dit courant janvier, j’habite un appartement à Bonantone. Certains d’entre vous ont dû essayer en vain de retrouver ce nom en utilisant le lien vers Wikipedia. En fait (je commence juste à le comprendre), Bonantone est un sous-quartier de Deido (Cf. Wikipedia !). Je suis à une dizaine de minutes à pied du rond-point Deido. Ce doit être le rond-point le plus connu de la ville avec sa fameuse sculpture (immanquable sur Internet), tellement connu qu’il est communément appelé Rond-Point.
Enfin, tout ça pour vous dire que j’habite en plein centre de Douala et que malgré tout je ne capte ni RFI, ni BBC sur mon poste de radio. Alors faute de mieux, je me suis rabattu sur une station locale : radio équinoxe. Le matin, le journal (en français et en anglais) nous donne les nouvelles de Douala, du Cameroun et du monde. L’actualité française me manque un peu, mais j’ai la chance d’avoir Internet à l’ISTAC, ce qui me permet de me rabattre sur les sites du Monde ou de La Croix.
Mais écouter une radio locale permet aussi de mieux s’immerger dans le pays et sa culture : j’arrive enfin au cœur du sujet. La semaine dernière, 4 jeunes gens qui venaient de croiser un espèce de "prêtre" ambulant ont vu leurs testicules disparaître et leurs sexes rapetisser. Quelle grosse blague me direz-vous ! Certainement pas. Et l’affaire est prise très au sérieux : le fameux "prêtre" est actuellement poursuivi en justice pour sorcellerie ! Autant vous dire que même si on a lu des (enfin le début d’un !) livres qui montrent que les croyances traditionnelles tiennent encore une place dans la vie courante, on tombe quand-même de haut quand on se trouve face à des cas concrets pris au sérieux par une partie de l’opinion publique. 2 ans ne seront pas de trop pour essayer d’entrer dans la culture africaine qui malgré la colonisation a su garder toute sa spécificité.
Une mission à s’approprier
A l’ISTAC, la vie suit son cours. Je suis maintenant l’unique responsable des missions industrielles. Les missions sont lancées, il faut gérer le quotidien : s’informer auprès des étudiants de la bonne tenue de la MI, s’assurer de la prise en main des MI par les accompagnateurs de l’ISTAC (chaque binôme est encadré par un professeur), surveiller les notes de frais, etc… Pour moi commence également une grosse part du boulot : la prospection. Il s’agit de signer 10 nouveaux contrats de MI pour les étudiants de septembre. Si vous avez des contacts, n’hésitez pas ! ;).
Mais le boulot à l’ISTAC, c’est aussi des hauts et des bas. Après la rencontre d’autres volontaires qui gèrent un hôpital ou s’occupent d’enfants handicapés, c’est difficile d’assumer un poste en milieu privilégié. Où est mon utilité ? Quel est le but de ma mission ? Il me semble parfois aller à l’ISTAC comme j’irais au boulot en France. Il me manque parfois cette force qui prend tout l’être lorsque l’on agit en vue d’un idéal. L’idéal existe bien, le lien avec ce que je fais chaque jour est plus dur à ressentir. C’est pas toujours facile.
Main dans la main accueille aujourd’hui une trentaine d’enfants : 10 tout-petits, 13 primaires et 7 collégiens-lycéens. La plupart sont orphelins, mais certains ont été placés là par les services sociaux ou été confiés par des parents qui ne peuvent pas s’en occuper. L’orphelinat est également doté d’un atelier de couture qui doit permettre de couvrir une partie des frais de fonctionnement de la structure. Juste à côté de l’atelier, un professeur donne des cours de couture à des jeunes extérieurs à l’orphelinat et en échec scolaire.
Moi je m’occupe plutôt des orphelins. Entre les rires, les pleurs, les disputes, j’essaie de faire ma place, de créer mon poste. Avec les tout-petits, rien de bien sorcier. Il suffit souvent d’être présent, de les suivre dans leurs jeux ou de leur en proposer des pas trop compliqués, de les consoler quand il y a besoin, de résoudre les éventuelles disputes. Et quand Tonton Benoît sort l’appareil photo, pas besoin de leur demander s’ils sont d’accord pour la photo : tous veulent être filmés (=photographiés).
En ce qui concerne les primaires, ils ont cours soit le matin soit l’après-midi. Quand ils sont là, j’essaie de faire quelques jeux en plein air avec le matériel disponible. Il faut parfois essayer de les motiver, régler les disputes, comprendre pourquoi l’un ou l’autre se met à l’écart. Mercredi c’était la fête de la jeunesse, jour férié au Cameroun. Les collégiens-lycéens étaient là aussi. J’ai essayé de les intégrer aux jeux, mais pas ce n’est pas forcément facile de les persuader de jouer avec les plus jeunes.
Je passe également du temps à parler avec les personnes qui travaillent à l’orphelinat : Lydzia, l’infirmière (qui s’occupe également des tout-petits), Bénédicte, future psychomotricienne, Mama Pauline, bénévole au secrétariat, Mama Marie qui s’occupe particulièrement des primaires, Mama Josiane, Mama Alice, Matthieu et Ismaël, les gardiens, Emmanuel, le petit-fils de Mama Marie. Mon travail à l’orphelinat me donne ainsi l’occasion de faire des rencontres, de connaître un peu mieux le Cameroun par ses habitants.
Pas forcément évident de créer un poste et surtout de standardiser un emploi du temps, des activités. Pour l’instant j’arrive un peu "les mains dans les poches", sans trop de matériel, avec juste une ou deux idées de jeux. Pour la suite, il me faudra prendre le temps de préparer la journée du mercredi : trouver des livres de contes pour les petits, chercher des idées de jeux, réfléchir à des activités pour les primaires, trouver des moyens pour créer le contact avec les plus grands. Il me faut trouver ma place dans l’organisation établie, envisager de nouvelles choses sans perturber l’existant. A moi de construire.
Voyages au Cameroun : une expérience à vivre !
Si je n’ai pas trop écrit ces temps c’est que (même si cela n’excuse rien) j’ai passé une bonne partie de mes week-ends en dehors de Douala. L’appartement où je vis est impeccable (même si un peu sombre), le quartier agréable, les gens gentils, mais rien ne vaut une petite excursion pour couper totalement avec le boulot, se changer les idées, se détendre. Les 2 week-end derniers, j’étais donc "en voyage".
Il y a 15 jours, Fleur et moi sommes partis à Pouma, petite ville sur l’axe lourd Douala-Yaoundé, à 1h30 de Douala. Pouma n’est pas gigantesque, mais sa notoriété vient de l’hôpital, un peu à l’écart, qui a été créé par la mission catholique. Celui-ci est aujourd’hui moins conséquent qu’il a pu l’être dans le passé, mais il est à l’origine du système de santé au Cameroun et reste la référence du pays pour l’accueil des accidentés de la route. Chirurgie, maternité, appareil pour les radios, opticien : tout est là.
Et donc (pour arriver au but du voyage), nous sommes allés rendre visite à Max et Julie, le couple de DCC qui gère l’hôpital. Leur logement est à proximité de l’hôpital : une énorme bâtisse avec vue sur la forêt (Cf. photos : c’est superbe). Deux jours pour respirer loin de la ville, son activité, son bruit, sa pollution. L’occasion pour moi de reprendre une activité physique : 2 heures de bizutage à la machette le samedi… débroussaillage de la haie devant la maison. Le samedi soir, nous avons bu la bière chez la cuisinière de Max et Julie. Nous avons eu droit à l’hospitalité habituelle des camerounais : impossible de ne pas se voir offrir quelquechose à manger. Une gêne cependant : la télévision qui, où qu’on aille, reste allumée et casse la conversation. Différence de culture… Le WE s’est continué avec la visite d’un autre couple de volontaires (noms à suivre…) le dimanche et le retour à Douala en petite camionnette. Mais j’attends le prochain paragraphe pour décrire les transports camerounais !
Le week-end suivant, c’était Limbé, port au Nord-Ouest de Douala, en zone anglophone. Le gros du samedi je suis resté à Douala. Le matin, j’ai accompagné Ingrid (la sœur de Nathalie) à une réunion des Amis de la ville de Douala, une association qui vise à améliorer la vie à Douala. La réunion a été très intéressante, même si elle s’est enlisée dans les problématiques de statut sur la fin ! Par la suite, j’avais été invité à manger chez Cathy, notre femme de ménage (je vous rassure : j’ai eu du mal à assumer d’avoir une employée à la maison, mais on a de quoi se le permettre et cet emploi lui est utile).
Fin d’après-midi, je suis donc parti pour Limbé, tout content de ne payer que 1500FCFA au lieu de 2000. J’ai compris par la suite la différence de prix. La camionnette ressemblait à toutes les autres : 4 personnes par banquettes de 3 places, mais on a eu quelques soucis sur la route… 5 minutes après le départ, la camionnette ralentit, le moteur ne repart plus. 20 minutes plus tard, après nettoyage du carburateur, nous repartons … pour nous arrêter par la suite : crevaison. Nouveau départ, puis nouvelle panne, cette fois-ci irréparable. Le chauffeur propose de nous transférer dans le van d’un collègue, mais la négociation du prix entre les 2 chauffeurs patine. Nous partons finalement dans la 2ème camionnette pour nous arrêter 30 secondes plus tard pour déposer un passager qui avait oublié son chargement de jantes sur la première. Dernier petit arrêt le temps de refixer la porte qui s’était déboitée et nous avons pu filer sans problème jusque Limbé. Je passerai sur les 45 minutes de négociation avec le taxi qui m’a conduit de l’entrée de Limbé au camping. J’ai finalement cédé (1500 FCFA), mais je ne pense pas qu’il ait gagné grand-chose à laisser tourner sa voiture pendant ce temps et sans nouveau client…
J’ai donc pu passer tranquillement la suite de ce week-end avec Emilie et Perrine (DCC de Dschang), Gilles (l’ami de Perrine) et Barbara (une italienne). Nous étions dans un camping au bord des plages de sable noir. Le dimanche matin, baignade dans une eau qui devait avoisiner les 25°C. Nous avons même eu la chance de voir le mont Cameroun dégagé de tout nuage (ce qui n’est pas le cas sur ma photo, prise un peu plus tard) : des plages paradisiaques ! Le midi, poisson braisé les pieds dans l’eau dans un petit restaurant proche des cabanes des pêcheurs, puis retour sur Douala, avec quelques couleurs en plus. Un bon week-end de vacances !
Je suis finalement content de passer ce week-end tranquille à Douala, histoire de me poser un peu pour une fois. Enfin tranquille…. J’avais quand même le blog à alimenter, il me reste l’article pour Talents (revue paroissiale de Talence), hier ballade dans Douala avec Ingrid, Suzanne (les Amis de la ville de Douala), Augustine et Jean-Paul (amis d’Ingrid) puis dîner à la maison (nous avions invité Cathy, Nicolas et Emmanuelle), cet après-midi à la paroisse, … Comme vous voyez, je ne prends pas le temps de m’ennuyer !
Je vous donne donc rendez-vous au prochain article. Portez-vous bien et surtout merci pour votre soutient et MPCQVE ;) !
lundi 26 janvier 2009
LA GAZETTE DU CAMEROUN, SEMAINE 3
Je m’étais promis (et je vous avais promis) de sortir un nouveau numéro de La Gazette Du CAMeroun (LGDCAM) chaque semaine. Dimanche soir, je n’avais malheureusement pas encore réussi à ouvrir Word. Flemme et fatigue (due au climat chaud et humide : pas de palu en vue !) avaient eu raison de moi. Le courage est revenu mardi soir, mais les Muses n’étaient pas avec moi et je n’ai réussi à sortir qu’un article à l’humour douteux et qui aurait donné de moi l’image d’un expat’ désabusé (aux antipodes de mon état d’esprit actuel). Cet article ne sera pas publié.
Mais votre patience aura payé, puisque j’ai l’honneur de vous annoncer aujourd’hui la création des premières rubriques, prémisses d’un blog à vocation (au minimum) internationale. Bonne lecture et n’hésitez pas à poster vos remarques dans le courrier des lecteurs.
Benoît Lasserre
EMPLOI
Benoît Lasserre reprend les rennes des Missions Industrielles
Ma première semaine de travail à l’ISTAC avait été plutôt tranquille avec les soutenances des Missions Industrielles de la période passée. C’était néanmoins l’occasion pour moi de familiariser avec ce type d’activité, d’en comprendre les enjeux tant pour les étudiants que pour les entreprises.
La semaine suivante m’a permis de faire mes premières rencontres avec les entreprises pour finaliser les conventions des MI de la période janvier-mai 2009. J’ai aussi eu à rencontrer l’ensemble des binômes d’étudiants pour le lancement de ces mêmes MI.
Cette semaine, je me suis plus consacré à la rédaction de la dernière convention (MI sur l’amélioration du laboratoire d’automatisme de l’école) et j’ai pu éprouver la difficulté qu’il y a à faire exprimer son besoin au client : après 4 ou 5 entretiens, j’espère être arrivé à la version finale ! J’ai aussi endossé mon costume pour accompagner la gestionnaire dans la chasse aux chèques : mon rôle est également de m’assurer du bon règlement des MI par les entreprises. Enfin, le suivi des MI commence : classement des conventions, envoi des factures pour les MI qui démarrent, entretiens avec les élèves, les tuteurs entreprise ou les accompagnateurs ISTAC, organisation des revues de revues de projet de la semaine 4, etc… Dans quelques semaines commencera le gros du travail : le démarchage des entreprises. Objectif : trouver 10 MI pour septembre. Un travail de longue haleine apparemment…
Après un début de mission où j’avais tendance à m’ennuyer et à ne pas trop savoir comment m’organiser, je commence à vraiment rentrer dans le poste. Nicolas (qui s’occupait des MI jusqu’à présent) continue d’être là pour me rappeler de faire telle ou telle chose, pour me donner des conseils ou m’accompagner dans les premiers entretiens avec les entreprises, mais il s’efface peu à peu. Le travail m’intéresse plus au fur et à mesure que je prends en main les différentes responsabilités : un bon présage !
Un nouveau venu à l’orphelinat Main dans la main
C’est ce mercredi que je me suis rendu pour la 1ère fois à la paroisse jésuite pour mon ¼ de temps JVI. Le matin, le père Ignatius m’a accompagné à l’orphelinat Main dans la main. Nous avons rencontré Mama Nomo (au Cameroun, on appelle Mama toutes les femmes un peu plus âgées), la directrice et fondatrice de la structure. Nous avons discuté avec elle un bon moment : c’est vraiment une femme formidable ! Issue d’un milieu très pauvre, elle a eu l’opportunité de faire des études en France. Guidée par un cœur disproportionné et une révolte contre l’immobilisme de la société, elle s’est engagée dans plusieurs projets au Cameroun : création d’un atelier pour la réinsertion des prisonniers ou encore cet orphelinat. Je pense que j’aurai l’occasion de vous parler d’elle plus longuement une autre fois. Après cette rencontre, nous avons visité l’établissement. Celui-ci reçoit une cinquantaine d’enfants, mais seuls étaient présents les tous petits ainsi que les enfants ou les jeunes qui avaient plus de mal à l’école et auxquels est donnée une formation de couture au sein même de l’orphelinat. Le mercredi après-midi, il y a plus de monde.
J’ai passé le reste de la journée à la paroisse. Première réunion avec le P. Igantius, ainsi que William et Bruno (MEJ !), les deux responsables de la culture et du sport au Conseil Paroissial des jeunes (CPJ). Le midi j’ai été invité à manger au presbytère. J’ai pu apprécier le vin de palme (jus récolé sur le palmier et légèrement fermenté) : sucré, pétillant, pas trop alcoolisé (enfin ça dépend de son âge !), excellent !
L’après-midi, j’ai fait la connaissance du Commandant Augustine (président de l’association des hommes catholiques de la paroisse et responsable du suivi des nouvelles peintures de l’église) et de Joachim et Peter-Damien, les deux peintres. J’ai également longuement discuté avec Marcelin, le responsable des jeunes du Sacré Cœur, un groupe de la paroisse, puis avec Hervé, le président du CPJ et responsable du renouveau charismatique. Il apparaît que les groupes de jeunes de la paroisse se réunissent plutôt le WE : samedi et surtout dimanche. L’activité est faible le mercredi après-midi. C’est pourquoi je suis repassé voir Mama Nomo en fin d’après-midi : je passerai mes mercredis à l’orphelinat pour faire de l’animation, avec les tout-petits le matin, avec les enfants et les ados l’après-midi. J’ai hâte !
Je n’abandonne pas la paroisse pour autant. Peut-être que je vais donner un coup de main à Bruno pour le groupe MEJ et de toute façon Hervé et le P. Ignatius me tiendront au courant des éventuelles réunions auxquelles je pourrai me joindre.
SORTIES
Pauline Croze au Centre Culturel Français de Douala
Le CCF est LE centre pour la culture à Douala. Heureusement qu’il est là pour les spectacles, concerts, expos ou conférences.Mais malheureusement, comme me le faisait remarquer Nathalie (Cf rubrique RENCONTRES), il n’existe pas encore d’équivalent Camerounais à Douala et il n’est pas toujours facile pour les artistes locaux d’intégrer la programmation du CCF.
Néanmoins, je profite abusivement des propositions qui y sont faites, ayant déjà à mon actif une conférence sur le Bwiti (sorte de médecine locale emmenant le patients aux frontières de la mort et comparable à l’ayawasca péruvienne), une projection de Harry un ami qui vous veut du bien et le fameux concert de Pauline Croze. En plus des rencontres et du ressourcement spirituel, ces 2 années seront culturelles !
Bars de Bonantone : le Monument et l’Escale
L’appartement a beau être parfait niveau confort, il a le défaut d’être sombre et puis à rester enfermé, j’ai tendance à "péter les plombs". J’ai besoin de sortir et il est bien agréable d’aller prendre un verre à 2 pas de la maison. S’aérer un peu, profiter de l’ambiance du quartier, discuter avec les voisins camerounais et bien sûr siroter un Top Pamplemousse dans la chaleur moins pesante du soir : rien de mieux pour se détendre et profiter tranquillement du WE. A 400 FCFA (0,60€) la conso, je ne peux que vous inciter à venir prendre un verre au Monument ou à l’Escale !
RENCONTRES
Premiers pas dans la population camerounaise
Depuis le temps que je vous en parlais ! Je n’irai pas jusqu’à dire je me suis créé un cercle d’amis Camerounais, mais je commence peu à peu à faire mon réseau.
A l’ISTAC, l’ambiance est vraiment bonne. Je prends le temps de plaisanter avec mes collègues, nous allons manger le riz ou d’autres plats plus locaux chez Aïcha le midi. Je commence également à connaître un peu les étudiants, surtout les 3ème année qui travaillent sur les MI. Plusieurs fois ils m’ont proposé de les accompagner pour le foot du vendredi soir. J’ai failli y aller ce vendredi. Prochaine fois c’est sûr j’y serai, même si je connais personne et que je suis le seul prof et que je ne sais pas jouer au foot et que je suis fatigué et que…etc.
A Bonamoussadi, je commence à connaître quelques personnes. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer Marcelin et Hervé. Ce type de rencontre change de l’école. On a plus le temps de parler et on parle un peu plus d’égal à égal. Un peu plus, mais pas totalement, notamment avec Marcelin. Est-ce que ça vient de moi, est-ce que ça vient de lui, toujours est-il que ce garçon, d’un an mon aîné me vouvoie. Il me respecte, lui qui n’a pu aller jusqu’au CAP de maçonnerie faute de sous, parce que j’ai fait de grandes études. On ne choisit pas le milieu dans lequel on nait. Alors qu’il se bat tous les jours en vendant des bananes ou en faisant des spectacles humoristiques dans les mariages pour pouvoir payer les 12.000 FCFA de son loyer, je me paye le luxe de passer ces 2 années en vivant "modestement" avec 200.000 FCFA et l’appartement déjà payé. Je continue de réaliser la chance que j’ai.
J’ai aussi eu la chance de rencontrer Nathalie, ma voisine camerounaise dans l’avion du 2 ajnvier. Elle a fait ses études en France et travaille actuellement aux USA ; elle passait ses vacances au pays. J’ai eu l’occasion de la revoir à Douala et de continuer les discussions que nous avions eues dans l’avion (mais en se tutoyant cette fois-ci !) et je devrais rencontrer sa sœur Ingrid (qui travaille ici) très prochainement.
VOYAGES
Excursion en région anglophone
J’ai fait la connaissance du Commandant Augustine (ancien commandant dans l’armée, d’où son surnom) mercredi dernier. Nous avons eu l’occasion de discuter (en Anglais, car Augustine est de la région du Sud-Ouest, zone anglophone) un peu alors que nous partagions un verre de vin de palme avec le P. Ignatius et les deux peintres. Le samedi il devait se rendre à Buea où il avait une réunion pour les 70 ans du collège (le plus vieux du Cameroun) et il m’a proposé de l’accompagner.
Nous sommes donc partis à 7h du mat’ le samedi, direction Buea et la région du Sud-Ouest. Nous avons traversé les grandes plantations d’hévéas (forêts de grands arbres identiques organisés en rangs régulièrement espacés : ça fait bizarre !), les bananeraies et aussi de superbes villages où sont cultivées les fleurs que l’on retrouve sur les marchés de Douala. Arrivés à Buea, nous nous sommes arrêtés chez la sœur du Commandant qui nous a offert un petit-déjeuner de princes.
Nous avons ensuite rejoint le collège Sessa où Augustine avait sa réunion. Et pendant ce temps là, je me suis promené dans le coin. Mais j’ai oublié de vous dire que le collège se trouve un peu à l’écart de Buea, en pleine nature. Autant vous dire que le coin était assez étendu, d’autant plus qu’ayant atteint la dernière maison du regroupement, j’ai suivi un petit sentier qui s’enfonçait dans la forêt. « Scout un jour, scout toujours ! », je suis parti à l’aventure en ayant quand même soin de ne pas trop m’éloigner du chemin (une certaine expérience d’hélicoptère dans les Pyrénées m’a appris à être prudent). Je ne suis pas allé bien loin de toute façon, m’arrêtant toutes les 2 minutes pour prendre une photo : il fallait que je vous fasse partager ça ! De retour de mon aventure dans la jungle, j’ai rencontré 2 collégiens avec lesquels j’ai bien discuté… en anglais bien entendu !
Le WE prochain, rien d’exceptionnel pour l’instant, mais une rencontre à Makak (au nord de Yaoundé) est prévue fin mars et d’ici là je serai probablement passé voir les potes de Dschang !
POSTFACE
Bravo d’être arrivés au bout ! 15 jours à raconter ça prend un peu de place…
Merci pour vos mails, vos messages sur le blog ou sur Facebook.
Portez-vous bien et n’oubliez pas vos manteaux ;).
A la prochaine
Benoît
PS : Next time I’ll try to write something in English so that my Italian, Polish, Portuguese and Sapnish friends can understand.
lundi 12 janvier 2009
Gazette du Cameroun, semaine 1
En effet, en plein quartier camerounais, notre appartement est vraiment luxueux : 2 chambres, un salon, une grande cuisine, une salle de bains avec douche (froide certes, mais une douche chaude par 30°C aurait-elle un intérêt ?). Notre ? Oui, j’avais oublié de vous présenter Matthieu mon colloc’ qui travaille également à l’ISTAC. Et puis y’a aussi Fleur, infirmière, qui nous tient compagnie le temps de trouver un appart’. Juste au-dessus habitent Nicolas (encore un collègue), Emmanuelle (ergothérapeute) et leur petite fille Noémie. Petit îlot blanc perdu dans Bonantone (quartier de Douala, http://fr.wikipedia.org/wiki/Quartier_de_Douala).
Fleur et Matthieu au café "Le Paquebot"
Vue depuis l'appartement de Nicolas et EmmanuelleArrivé à l’ISTAC, c’est les vacances ! Enfin juste pour moi et juste pour cette semaine. C’était les soutenances des Missions Industrielles (MI) et des stages des 3èmes années. J’ai donc principalement participé à ces soutenances, ce qui m’a permis d’avoir une idée plus précise de la pédagogie des MI et de commencer à repérer quelques têtes. Car, même si c’est une petite école (promotions de 40 élèves), cela fait beaucoup de noms à retenir. J’ai un bureau climatisé (et le chèche toujours autours du cou !) que je partage avec deux collègues camerounais : Louis-Aimé le prof’ de maths et Auguste le prof’ d’informatique. Mais je travaille plutôt avec Nicolas qui était responsable des MI pour le semestre précédent. Le midi, je mange avec Nicolas ou Matthieu et les filles de l’administration (Nadine 1 et 2, Christelle et Marie-Chantal) au restaurant d’Aïcha : riz avec sauce à la tomate pimentée et selon le jour poisson ou viande. L’après-midi, je reviens tranquillement à l’école. Mais bon ne vous inquiétez pas, je commence à vraiment bosser la semaine prochaine : j’ai déjà un rendez-vous avec une entreprise en pleine forêt (exploitation de palmiers à huile et d’hévéas) mardi. Je vous raconterai ça !
L'ISTAC vue de l'entrée
L'ISTAC vue du parking
Sinon, mon ¼ de temps se prépare petit à petit. Je suis passé voir le père Ignace à la paroisse jésuite de Bonamoussadi jeudi soir. C’est un prêtre jeune, dynamique, sympathique et vraiment très intéressant. Il est responsable des jeunes pour sa paroisse (10 000 fidèles !) et 4 autres clochers. Il m’a parlé des 16 groupes de jeunes de sa paroisse, des projets d’un grand centre de formation humaine et intellectuelle à destination des jeunes, pauvres et riches, et puis aussi de son pays, le Cameroun. Du point de vue de la mission, c’est un peu moi qui vais construire peu à peu mon poste. Dans un premier temps, je devrais passer le mercredi matin à l’orphelinat ou à l’hôpital, réservant l’après-midi à l’animation des groupes de jeunes. Premières impressions mercredi en 8 !
Mais bon, c’est pas tout de bosser, il faut pas oublier le WE ! A par dormir (le climat fatigue assez), je découvre un peu la ville. Que ce soit pour aller au cyber, pour faire les courses chez Désiré (notre marchand de fruits et légumes) ou Meno (le boulanger), je ne manque pas une occasion de sortir. Avec mes colloc’, j’ai aussi pu découvrir 2 « petits » bars très sympas avec une vue superbe sur le Wouri et ses pêcheurs : premières images d’un pays magnifique. Et puis la découverte passe également par la nourriture. Maquerau grillé (avec les doigts c’est bien meilleur !), bananes plantains frites, patate douce, ananas, papaye, fruit de la passion sans oublier les inévitable Top Ananas, pamplemousse ou grenadine (sodas) : je vais de découvertes en découvertes.
Le magasin de Désiré, notre marchand de fruits et légumes
Vue du café "Le Paquebot" : retour de pêche
Vue du café "Le Paquebot" : coucher de soleil sur le Wouri
Vue sur le Wouri, les maisons et leurs toits de tôle
Pêcheur sur le Wouri Voilà, c’était un résumé de mes premières impressions camerounaises. Les rencontres se font petit à petit à petit : les collègues de boulot pour commencer, la paroisse de Bonamoussadi dans 10 jours et certainement d’autres pistes pour créer un véritable échange franco-camerounais…
Je vous laisse sur cette petite mise en bouche. Portez-vous bien et à la semaine prochaine !
lundi 5 janvier 2009
En guise d'intro
On m'avait dit que ça prenait que 5 minutes pour créer un blog. Moins de 5 même, forcé de constater. A part si, comme moi, on met 3 h à en trouver le nom. Ça aurait pu être "2 ans de rencontres", "rencontres camerounaises", "BenOCam", ... Ce sera finalament CoopéRencontres.
Mais pourquoi un blog au fait ? Certains d'entre vous le savaient déjà, d'autres s'y attendaient, d'autres se poseront des questions sur ma santé mentale, toujours est-il que je pars (enfin je suis parti y'a 3 jours !) pour 2 ans de coopération au Cameroun avec Jeunes Volontaires Internationaux (JVI) et la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC).
Pendant ces 2 années je passerai une grosse partie de mon temps à Institut Supérieur de Technologie d'Afrique Centrale (ISTAC). Au sein de cette jeune école dingénieur, je m'occuperai des Missions Industrielles (MI : oui ça en fait des sigles...), études que doivent réaliser les élèves de dernière année pour une entreprise qui travaille localement. Au fait, la devise de l'ISTAC c'est "former en Afrique pour l'Afrique" : c'est pas génial comme projet de développement ?
Le 1/4 de temps restant, je serai sur la paroisse jésuite de Douala (ma ville au Cameroun) où je m'occuperai de groupes de jeunes et/ou j'irai visiter des personnes en prison.
Une partie de ma mission pour aider au développement, l'autre auprès de personnes défavorisée : je suis comblé ! :D
2 ans de coopération, 2 ans de rencontres, 2 ans d'échanges, 2 ans de découvertes, 2 ans de réflexion sur moi-même, 2 ans pour approfondir ma relation à Dieu, 2 ans que j'essaierai de vous faire suivre !