lundi 12 janvier 2009

Gazette du Cameroun, semaine 1

« Et m… y’a plus d’eau ! ». C’est vrai que, loi de Murphy oblige, ça arrive toujours au moment de la douche, de la lessive ou de la vaisselle, mais on apprend vite à s’organiser : provisions d’eau filtrée pour boire, grands seaux d’eau pour la douche. Alors peu à peu ce genre de petit désagrément se fond dans le quotidien et puis on relativise assez vite.

En effet, en plein quartier camerounais, notre appartement est vraiment luxueux : 2 chambres, un salon, une grande cuisine, une salle de bains avec douche (froide certes, mais une douche chaude par 30°C aurait-elle un intérêt ?). Notre ? Oui, j’avais oublié de vous présenter Matthieu mon colloc’ qui travaille également à l’ISTAC. Et puis y’a aussi Fleur, infirmière, qui nous tient compagnie le temps de trouver un appart’. Juste au-dessus habitent Nicolas (encore un collègue), Emmanuelle (ergothérapeute) et leur petite fille Noémie. Petit îlot blanc perdu dans Bonantone (quartier de Douala, http://fr.wikipedia.org/wiki/Quartier_de_Douala).

Fleur et Matthieu au café "Le Paquebot"


Ici, les maisons ont toutes le même toit en tôle ondulée. Mais ce n’est pas spécifique à Bonantone : même à Bonapriso, le quartier des expat’ et des riches camerounais, les maisons entonnent toutes le même chant spécifique lorsque viennent les averses tropicales. Vus de haut, ces toits gris donnent un ton monotone et une apparence de bidonville. Mais lorsqu’on redescend et qu’on se balade dans les rues, l’ambiance change totalement : petites boutiques où se vendent œufs, boissons, quincailleries, petits restos, cybers (sans café !), coiffeurs, vendeurs de d’oranges ou de bâtons (cigarettes à l’unité), call boxes (concept africain de location de portable à la minute), … Douala n’est pas une ville morte. Et au cas où vous en douteriez, des taxis et des mototaxis vous le rappellent, que ce soit pour vous proposer de monter ou vous conseiller de vous ranger pour ne pas vous faire renverser !
Vue depuis ma chambre
Vue depuis l'appartement de Nicolas et Emmanuelle

Tous les matins (sauf le WE quand même !), je prends donc le taxi (200 FCFA soit donc 0,30€ la course) avec Matthieu et Nicolas direction la base Total de Bassa dans les locaux de laquelle se trouve l’ISTAC. Durant le trajet, on a beau être en ville, c’est la jungle ! Aucun feu, aucun panneau, pas de priorité à droite : on avance au forcing. Seule règle : on roule à droite… enfin quand on ne fait pas des dépassements plus que douteux… En tout cas c’est sûr, c’est encore mieux que dans un jeu vidéo : adrénaline en permanence. Pour les piétons qui traversent, c’est « 2 fois plus de sensations », mais faut pas oublier de regarder 50 fois à gauche et 50 fois à droite !

Arrivé à l’ISTAC, c’est les vacances ! Enfin juste pour moi et juste pour cette semaine. C’était les soutenances des Missions Industrielles (MI) et des stages des 3èmes années. J’ai donc principalement participé à ces soutenances, ce qui m’a permis d’avoir une idée plus précise de la pédagogie des MI et de commencer à repérer quelques têtes. Car, même si c’est une petite école (promotions de 40 élèves), cela fait beaucoup de noms à retenir. J’ai un bureau climatisé (et le chèche toujours autours du cou !) que je partage avec deux collègues camerounais : Louis-Aimé le prof’ de maths et Auguste le prof’ d’informatique. Mais je travaille plutôt avec Nicolas qui était responsable des MI pour le semestre précédent. Le midi, je mange avec Nicolas ou Matthieu et les filles de l’administration (Nadine 1 et 2, Christelle et Marie-Chantal) au restaurant d’Aïcha : riz avec sauce à la tomate pimentée et selon le jour poisson ou viande. L’après-midi, je reviens tranquillement à l’école. Mais bon ne vous inquiétez pas, je commence à vraiment bosser la semaine prochaine : j’ai déjà un rendez-vous avec une entreprise en pleine forêt (exploitation de palmiers à huile et d’hévéas) mardi. Je vous raconterai ça !

L'ISTAC vue de l'entrée

L'ISTAC vue du parking

Sinon, mon ¼ de temps se prépare petit à petit. Je suis passé voir le père Ignace à la paroisse jésuite de Bonamoussadi jeudi soir. C’est un prêtre jeune, dynamique, sympathique et vraiment très intéressant. Il est responsable des jeunes pour sa paroisse (10 000 fidèles !) et 4 autres clochers. Il m’a parlé des 16 groupes de jeunes de sa paroisse, des projets d’un grand centre de formation humaine et intellectuelle à destination des jeunes, pauvres et riches, et puis aussi de son pays, le Cameroun. Du point de vue de la mission, c’est un peu moi qui vais construire peu à peu mon poste. Dans un premier temps, je devrais passer le mercredi matin à l’orphelinat ou à l’hôpital, réservant l’après-midi à l’animation des groupes de jeunes. Premières impressions mercredi en 8 !


Mais bon, c’est pas tout de bosser, il faut pas oublier le WE ! A par dormir (le climat fatigue assez), je découvre un peu la ville. Que ce soit pour aller au cyber, pour faire les courses chez Désiré (notre marchand de fruits et légumes) ou Meno (le boulanger), je ne manque pas une occasion de sortir. Avec mes colloc’, j’ai aussi pu découvrir 2 « petits » bars très sympas avec une vue superbe sur le Wouri et ses pêcheurs : premières images d’un pays magnifique. Et puis la découverte passe également par la nourriture. Maquerau grillé (avec les doigts c’est bien meilleur !), bananes plantains frites, patate douce, ananas, papaye, fruit de la passion sans oublier les inévitable Top Ananas, pamplemousse ou grenadine (sodas) : je vais de découvertes en découvertes.

Le magasin de Désiré, notre marchand de fruits et légumes

Vue du café "Le Paquebot" : retour de pêche

Vue du café "Le Paquebot" : coucher de soleil sur le Wouri
Vue sur le Wouri, les maisons et leurs toits de tôle
Pêcheur sur le Wouri
Que mes amis cathos soient rassurés, le WE est aussi l’occasion d’aller à la messe. Adeptes des messes éclair’ sans chants et bouclées en ¼ d’heure, s’abstenir : ici c’est chorales locales pendant 2 heures quel que soit le dimanche. 2 heures, ça peut paraître long, mais les chants sont tellement beaux que ça passe tout seul. Ce qui frappe d’ailleurs au Cameroun, c’est l’omniprésence de la religion. Bien entendu on croise des lieux de culte partout : témoins de Jéhovah juste à côté de la maison, église évangélique à 5 minutes, église catholique à ¼ d’heure à pied, etc... Mais quand les voisins mettent la musique trop fort, c’est souvent des chants chrétiens, à la radio on a bien une dizaine de « RCF » différentes, dans les bars personne ne vient hurler auprès du patron lorsque la musique de variété est clairement étiquetée chrétienne. Ici, la religion fait partie intégrante de la vie quotidienne et ça fait toujours drôle quand on vient d’un pays comme la France.

Voilà, c’était un résumé de mes premières impressions camerounaises. Les rencontres se font petit à petit à petit : les collègues de boulot pour commencer, la paroisse de Bonamoussadi dans 10 jours et certainement d’autres pistes pour créer un véritable échange franco-camerounais…
Je vous laisse sur cette petite mise en bouche. Portez-vous bien et à la semaine prochaine !

4 commentaires:

  1. Super intéressante la mise en bouche! On attend les recettes de cuisine :-) C'est encore plus sportif qu'au Maroc la traversée des rues?

    RépondreSupprimer
  2. Bien que j'ai eu la chance de te parler un peu en tchat il y quelques minutes, j'utilise le temps qui m'est offert pour te laisser un commentaire.
    Je me sens en condition puisque, j'écoute actuellement ALSAAMA DAY (album formidable de Youssou N'Dour, je suis fan de ce chanteur Sénégalais). Et etrangement, c'est la Chanson "AMITIE" qui passe... Quelle belle coïncidence!! un beau présage en tous cas.
    Je veux en avoir souvent des news de ce genre. ça réchauffe le coeur. Alors continues d'être un "pont" entre le Cameroun et la France. Tu as un planning chargé à mort. Mais tellement insolite, humain et interactif.. T'es pas au bout de tes rencontres!!!! ....ET DE TES PEINES :-)
    L'orphelinat, les prisons... vont être des temps trèssssssssssss forts. Je pense que t'es pas là bas par hasard!
    Même à Lyon avec -4, grâce à tes lignes j'ai le sentiment d'avoir les 30°, les odeurs et les couleurs du Cameroun.Alors merci!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Ouais et ton petit résumé de la gastronomie locale m'a donné la dale!!!!!!!!
    Il y a trop de choses à dire..La seule chose que je te demande c'est de continuer à nous faire voyager et nous transporter au coeur de la vie d'un coopérant et des camerounais(e)s. Vivement les beaux récits & anecdotes de recontres avec les camerounais dont tu partages le quotidien..Tu vas vivre des émotions intenses et frôler l'Humain dans ces aspects les plus forts...(oui je sais Master de psycho interculturelle oblige!!!!!)
    Je crois que être humain ça "s'apprivoise" et c'est une vraie rencontre entre soi et les autres sans jugement de valeur, d'idéologie, de couleurs....ouais bah tu vois quoi!!!!! ON EST TOUS DES FRERES!!!!!!!! :-) (carrément cliché je te l'accorde.. Pourtant c'est bien sincère..).
    Embrasses fort tous ces petits poulets en orphelinat( parce que j'ai été dans leur cas et mieux vaut recevoir de l'amour par des tiers comme toi que rien au sein de sa propre famille).Et les personnes incarcérées bon courage... Parce que tout un chacun à droit au pardon et à une secnde chance, à la repentance....Ouais vraiment courage parce que c'est intense..ça va brasser pas mal d'émotions et aller chercher très loin en toi. Et ça Benoît faudra me raconter tt ça !!
    Les dimanches sont donc festifs!!! ça change de la messe quelquefois rasoir d'ici.... MOI JE ME PLAINDS PAS c'est une paroisse multiethnique et belle en couleurs d'ailleurs.
    Bon c'est tout pour aujourd8, ca va que je t'ai fais la bonne promesse de t'épauler :-)
    En ts cas c'est un plaisir immense de te lire et de vivre cette expérience avec toi. Bon bientôt ce sera mon tour de m'envoler en ccopé..(ou pas). En attendant, je vis cette aventure avec toi mais surtout grâce à toi.
    PRENDS SOIN DE TOI (abuses pas des bananes plantins!!!)

    bisoussssss ta cops

    RépondreSupprimer
  3. c'est génial c'que tu vis ! merci de nous en faire profiter comme ça !
    c'est trop portuaire ou tu peux te baigner aussi ? Profites bien de tous ces fruits locaux, ça doit rafraichir un peu et te remplir de vitamines !
    ici le temps doux est revenu, mais le crachin nantais aussi ! (d'ailleurs il y a le même à St-Nazaire !)
    à+

    RépondreSupprimer
  4. Merci de nous faire partager ces jolis photos! Bon courage pour toutes tes activités. J'attands la suite des histoires d'Afrique... j'ai déjà écouté tous les contes qui m'ont beaucoup plu! Gros bisous de Pauline.

    RépondreSupprimer