lundi 16 février 2009

M'ennuyer ? Pas le temps !

2 semaines de retard : no comment… Il est temps d’arrêter de faires des promesses et d’assumer le fait que publier un article par semaine est un objectif trop ambitieux.
Peut-être avez-vous déjà remarqué les quelques changements sur l’organisation du blog. Tout d’abord, les liens vers les blogs d’autres DCC ou vers des sites comme celui de Jeune Afrique. Mais surtout : les photos ! Les inclure directement dans les articles est vraiment trop long. Je vous proposerai donc des liens vers mes albums sur Picasa.
Bonne lecture !


Une autre culture

Comme je vous l’avais dit courant janvier, j’habite un appartement à Bonantone. Certains d’entre vous ont dû essayer en vain de retrouver ce nom en utilisant le lien vers Wikipedia. En fait (je commence juste à le comprendre), Bonantone est un sous-quartier de Deido (Cf. Wikipedia !). Je suis à une dizaine de minutes à pied du rond-point Deido. Ce doit être le rond-point le plus connu de la ville avec sa fameuse sculpture (immanquable sur Internet), tellement connu qu’il est communément appelé Rond-Point.
Enfin, tout ça pour vous dire que j’habite en plein centre de Douala et que malgré tout je ne capte ni RFI, ni BBC sur mon poste de radio. Alors faute de mieux, je me suis rabattu sur une station locale : radio équinoxe. Le matin, le journal (en français et en anglais) nous donne les nouvelles de Douala, du Cameroun et du monde. L’actualité française me manque un peu, mais j’ai la chance d’avoir Internet à l’ISTAC, ce qui me permet de me rabattre sur les sites du Monde ou de La Croix.
Mais écouter une radio locale permet aussi de mieux s’immerger dans le pays et sa culture : j’arrive enfin au cœur du sujet. La semaine dernière, 4 jeunes gens qui venaient de croiser un espèce de "prêtre" ambulant ont vu leurs testicules disparaître et leurs sexes rapetisser. Quelle grosse blague me direz-vous ! Certainement pas. Et l’affaire est prise très au sérieux : le fameux "prêtre" est actuellement poursuivi en justice pour sorcellerie ! Autant vous dire que même si on a lu des (enfin le début d’un !) livres qui montrent que les croyances traditionnelles tiennent encore une place dans la vie courante, on tombe quand-même de haut quand on se trouve face à des cas concrets pris au sérieux par une partie de l’opinion publique. 2 ans ne seront pas de trop pour essayer d’entrer dans la culture africaine qui malgré la colonisation a su garder toute sa spécificité.


Une mission à s’approprier

A l’ISTAC, la vie suit son cours. Je suis maintenant l’unique responsable des missions industrielles. Les missions sont lancées, il faut gérer le quotidien : s’informer auprès des étudiants de la bonne tenue de la MI, s’assurer de la prise en main des MI par les accompagnateurs de l’ISTAC (chaque binôme est encadré par un professeur), surveiller les notes de frais, etc… Pour moi commence également une grosse part du boulot : la prospection. Il s’agit de signer 10 nouveaux contrats de MI pour les étudiants de septembre. Si vous avez des contacts, n’hésitez pas ! ;).
Mais le boulot à l’ISTAC, c’est aussi des hauts et des bas. Après la rencontre d’autres volontaires qui gèrent un hôpital ou s’occupent d’enfants handicapés, c’est difficile d’assumer un poste en milieu privilégié. Où est mon utilité ? Quel est le but de ma mission ? Il me semble parfois aller à l’ISTAC comme j’irais au boulot en France. Il me manque parfois cette force qui prend tout l’être lorsque l’on agit en vue d’un idéal. L’idéal existe bien, le lien avec ce que je fais chaque jour est plus dur à ressentir. C’est pas toujours facile.
Dans les moments plus durs, le mercredi me permet de faire une bonne coupure et de me remotiver. Cela fait maintenant 3 mercredis que je passe à l’orphelinat. Tous les mercredis matin, je prends donc le taxi, direction "Mission Catholique, Bonamoussadi". Après un bref passage à la paroisse, je me rends à l’orphelinat.
Main dans la main accueille aujourd’hui une trentaine d’enfants : 10 tout-petits, 13 primaires et 7 collégiens-lycéens. La plupart sont orphelins, mais certains ont été placés là par les services sociaux ou été confiés par des parents qui ne peuvent pas s’en occuper. L’orphelinat est également doté d’un atelier de couture qui doit permettre de couvrir une partie des frais de fonctionnement de la structure. Juste à côté de l’atelier, un professeur donne des cours de couture à des jeunes extérieurs à l’orphelinat et en échec scolaire.
Moi je m’occupe plutôt des orphelins. Entre les rires, les pleurs, les disputes, j’essaie de faire ma place, de créer mon poste. Avec les tout-petits, rien de bien sorcier. Il suffit souvent d’être présent, de les suivre dans leurs jeux ou de leur en proposer des pas trop compliqués, de les consoler quand il y a besoin, de résoudre les éventuelles disputes. Et quand Tonton Benoît sort l’appareil photo, pas besoin de leur demander s’ils sont d’accord pour la photo : tous veulent être filmés (=photographiés).
En ce qui concerne les primaires, ils ont cours soit le matin soit l’après-midi. Quand ils sont là, j’essaie de faire quelques jeux en plein air avec le matériel disponible. Il faut parfois essayer de les motiver, régler les disputes, comprendre pourquoi l’un ou l’autre se met à l’écart. Mercredi c’était la fête de la jeunesse, jour férié au Cameroun. Les collégiens-lycéens étaient là aussi. J’ai essayé de les intégrer aux jeux, mais pas ce n’est pas forcément facile de les persuader de jouer avec les plus jeunes.
Je passe également du temps à parler avec les personnes qui travaillent à l’orphelinat : Lydzia, l’infirmière (qui s’occupe également des tout-petits), Bénédicte, future psychomotricienne, Mama Pauline, bénévole au secrétariat, Mama Marie qui s’occupe particulièrement des primaires, Mama Josiane, Mama Alice, Matthieu et Ismaël, les gardiens, Emmanuel, le petit-fils de Mama Marie. Mon travail à l’orphelinat me donne ainsi l’occasion de faire des rencontres, de connaître un peu mieux le Cameroun par ses habitants.
Pas forcément évident de créer un poste et surtout de standardiser un emploi du temps, des activités. Pour l’instant j’arrive un peu "les mains dans les poches", sans trop de matériel, avec juste une ou deux idées de jeux. Pour la suite, il me faudra prendre le temps de préparer la journée du mercredi : trouver des livres de contes pour les petits, chercher des idées de jeux, réfléchir à des activités pour les primaires, trouver des moyens pour créer le contact avec les plus grands. Il me faut trouver ma place dans l’organisation établie, envisager de nouvelles choses sans perturber l’existant. A moi de construire.


Voyages au Cameroun : une expérience à vivre !

Si je n’ai pas trop écrit ces temps c’est que (même si cela n’excuse rien) j’ai passé une bonne partie de mes week-ends en dehors de Douala. L’appartement où je vis est impeccable (même si un peu sombre), le quartier agréable, les gens gentils, mais rien ne vaut une petite excursion pour couper totalement avec le boulot, se changer les idées, se détendre. Les 2 week-end derniers, j’étais donc "en voyage".

Il y a 15 jours, Fleur et moi sommes partis à Pouma, petite ville sur l’axe lourd Douala-Yaoundé, à 1h30 de Douala. Pouma n’est pas gigantesque, mais sa notoriété vient de l’hôpital, un peu à l’écart, qui a été créé par la mission catholique. Celui-ci est aujourd’hui moins conséquent qu’il a pu l’être dans le passé, mais il est à l’origine du système de santé au Cameroun et reste la référence du pays pour l’accueil des accidentés de la route. Chirurgie, maternité, appareil pour les radios, opticien : tout est là.
Et donc (pour arriver au but du voyage), nous sommes allés rendre visite à Max et Julie, le couple de DCC qui gère l’hôpital. Leur logement est à proximité de l’hôpital : une énorme bâtisse avec vue sur la forêt (Cf. photos : c’est superbe). Deux jours pour respirer loin de la ville, son activité, son bruit, sa pollution. L’occasion pour moi de reprendre une activité physique : 2 heures de bizutage à la machette le samedi… débroussaillage de la haie devant la maison. Le samedi soir, nous avons bu la bière chez la cuisinière de Max et Julie. Nous avons eu droit à l’hospitalité habituelle des camerounais : impossible de ne pas se voir offrir quelquechose à manger. Une gêne cependant : la télévision qui, où qu’on aille, reste allumée et casse la conversation. Différence de culture… Le WE s’est continué avec la visite d’un autre couple de volontaires (noms à suivre…) le dimanche et le retour à Douala en petite camionnette. Mais j’attends le prochain paragraphe pour décrire les transports camerounais !

Le week-end suivant, c’était Limbé, port au Nord-Ouest de Douala, en zone anglophone. Le gros du samedi je suis resté à Douala. Le matin, j’ai accompagné Ingrid (la sœur de Nathalie) à une réunion des Amis de la ville de Douala, une association qui vise à améliorer la vie à Douala. La réunion a été très intéressante, même si elle s’est enlisée dans les problématiques de statut sur la fin ! Par la suite, j’avais été invité à manger chez Cathy, notre femme de ménage (je vous rassure : j’ai eu du mal à assumer d’avoir une employée à la maison, mais on a de quoi se le permettre et cet emploi lui est utile).
Fin d’après-midi, je suis donc parti pour Limbé, tout content de ne payer que 1500FCFA au lieu de 2000. J’ai compris par la suite la différence de prix. La camionnette ressemblait à toutes les autres : 4 personnes par banquettes de 3 places, mais on a eu quelques soucis sur la route… 5 minutes après le départ, la camionnette ralentit, le moteur ne repart plus. 20 minutes plus tard, après nettoyage du carburateur, nous repartons … pour nous arrêter par la suite : crevaison. Nouveau départ, puis nouvelle panne, cette fois-ci irréparable. Le chauffeur propose de nous transférer dans le van d’un collègue, mais la négociation du prix entre les 2 chauffeurs patine. Nous partons finalement dans la 2ème camionnette pour nous arrêter 30 secondes plus tard pour déposer un passager qui avait oublié son chargement de jantes sur la première. Dernier petit arrêt le temps de refixer la porte qui s’était déboitée et nous avons pu filer sans problème jusque Limbé. Je passerai sur les 45 minutes de négociation avec le taxi qui m’a conduit de l’entrée de Limbé au camping. J’ai finalement cédé (1500 FCFA), mais je ne pense pas qu’il ait gagné grand-chose à laisser tourner sa voiture pendant ce temps et sans nouveau client…
J’ai donc pu passer tranquillement la suite de ce week-end avec Emilie et Perrine (DCC de Dschang), Gilles (l’ami de Perrine) et Barbara (une italienne). Nous étions dans un camping au bord des plages de sable noir. Le dimanche matin, baignade dans une eau qui devait avoisiner les 25°C. Nous avons même eu la chance de voir le mont Cameroun dégagé de tout nuage (ce qui n’est pas le cas sur ma photo, prise un peu plus tard) : des plages paradisiaques ! Le midi, poisson braisé les pieds dans l’eau dans un petit restaurant proche des cabanes des pêcheurs, puis retour sur Douala, avec quelques couleurs en plus. Un bon week-end de vacances !

Je suis finalement content de passer ce week-end tranquille à Douala, histoire de me poser un peu pour une fois. Enfin tranquille…. J’avais quand même le blog à alimenter, il me reste l’article pour Talents (revue paroissiale de Talence), hier ballade dans Douala avec Ingrid, Suzanne (les Amis de la ville de Douala), Augustine et Jean-Paul (amis d’Ingrid) puis dîner à la maison (nous avions invité Cathy, Nicolas et Emmanuelle), cet après-midi à la paroisse, … Comme vous voyez, je ne prends pas le temps de m’ennuyer !
Je vous donne donc rendez-vous au prochain article. Portez-vous bien et surtout merci pour votre soutient et MPCQVE ;) !