Ca y est : 3 mois que je suis au Cameroun. Pas si longtemps que ça finalement et pourtant la France me paraît bien loin. J’avais déjà un peu constaté ça 2 mois auparavant, mais là le souvenir de mon départ de Bordeaux me fait penser à une époque ancienne. Peut-être est-ce le raz-de-marée culturel conjugué à la découverte de mon nouveau boulot, aux rencontres nombreuses et variées et à l’emploi du temps bien rempli qui me donne cette impression là. Tellement de changements en si peu de temps !
Mes missions : à l’IST-AC et à l’orphelinat
J’ai définitivement endossé mon costume de responsable des missions industrielles de l’IST-AC. Le suivi des missions en cours continue. Pour les étudiants, plus que 2 mois pour atteindre les objectifs ; pour les encadrants, satisfaction ou stress selon l’avancement et le retour du client ; pour moi-même, chasse aux informations pour se faire une opinion claire de chacune des MI et prendre les mesures nécessaires au bon achèvement de chacune.
Mais le gros du boulot se concentre maintenant sur la prospection des MI de septembre. Coups de fils, e-mails, rendez-vous : ça enchaîne. Enfin surtout les coups de fils car les rendez-vous ont bien du mal à tomber ces temps-ci et la pression monte d’un cran. Heureusement, les journées portes ouvertes de l’école viennent de se tenir, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives. Jeudi et vendredi les entreprises ont pu visiter nos locaux et discuter avec les étudiants et les professeurs. Du côté des MI, les exemples concrets présentés par les étudiants ont permis de montrer la complexité des études réalisées et la qualité du travail fourni. Je pourrai m’appuyer là-dessus pour vendre de nouveaux contrats. Affaire à suivre !
A l’orphelinat, les choses progressent tout doucement. Je réalise la difficulté de mon travail : s’occuper de 3 tranches d’âge en même temps n’est pas commode. Et les petits (moins de 5 ans) peuvent être particulièrement difficiles à gérer parfois.
Mon emploi du temps du mercredi n’est pas encore réglé, mes activités pas toujours très construites, mais ça s’améliore. J’essaie d’apprendre les couleurs aux petits (travail de longue haleine !), j’amène des livres pour raconter des histoires, j’ai acheté quelques crayons de couleur pour les faire dessiner. Je suis aussi aidé par Bénédicte, une étudiante en psychomotricité. Ses connaissances lui permettent de comprendre le comportement des enfants et de proposer quelques activités pour développer leurs aptitudes physiques et intellectuelles.
Avec les primaires, je continue sur la lancée en proposant des jeux de plein air trouvés parfois à la dernière minute. Le travail est bien plus brouillon ! Il faudrait que je prenne le temps de choisir mes activités et de les préparer à l’avance. Le jeu ne doit pas être une fin en soi. Il doit aider à transmettre quelque chose.
Avec les lycéens, le contact se fait. Lentement, mais sûrement ! Comme avec les primaires, je suis passé par le jeu : jungle speed et loup-garou. La semaine dernière, la sœur qui s’occupe de leur éducation religieuse m’a demandé si je pouvais lui donner un coup de main. Je n’ai pas vraiment d’expérience dans le domaine, mais l’idée de les aider à grandir dans leur vie dans et leur foi me plait énormément.
Pas mal de boulot en perspective pour approfondir mon poste à l’orphelinat. Reste à trouver/prendre le temps de se poser pour y réfléchir. Passer d’animateur à éducateur (soyons ambitieux !) ne se fait pas tout seul.
Ouest, Centre, Sud : attention me voilà !
Toujours un bon prétexte pour voyager, découvrir d’autres régions, d’autres villes, d’autres gens : mars a été un mois particulièrement riche.
Leçon N°1 : s’arranger pour que ce soit le patron qui paye les "vacances".
Un concours mi mai, des terminales C et D à informer : il ne reste plus qu’à choisir la région de rêve où faire le recrutement. Grâce à l’IST-AC, j’ai ainsi pu faire un aller-retour éclair à Kribi où j’ai eu un premier aperçu des fameuses plages de rêve (sable blanc, cocotiers, pirogues sur la plage et paillottes où déguster le poisson braisé). Mais le recrutement m’a surtout permis de découvrir la région de l’ouest, fameuse pour ses chefferies traditionnelles. J’ai ainsi pu visiter les collèges (=établissement privé) et les lycées (=établissement public) de Bafoussam, Bandjoun et Dschang… les chefferies ce sera pour une autre fois : j’étais là pour le boulot quand même ! En tout cas, j’ai pu découvrir le centre pour enfants handicapés où travaille Emilie (volontaire DCC avec laquelle j’étais en formation à Chevilly en novembre) ainsi que l’association de réinsertion des aveugles dont le directeur de l’IST-AC s’occupe particulièrement. Et puis je n’ai pas fermé les yeux (ni l’appareil photo d’ailleurs !) sur les différents paysages qui s’offraient à moi : je reviendrai fouler la terre rouge de l’ouest ! Au fait, petite anecdote juste pour le plaisir : les 3 h d’attente à Douala avant que le car de Bafoussam ne soit chargé, puis les 5h30 de trajet : patience, patience…
Leçon N°2 : profiter de la venue du Pape pour aller à Yaoundé.
Vexé que je ne sois allé le voir ni Sydney, ni à Paris ni à Lourdes, Benoît XVI a programmé un voyage au Cameroun dès qu’il a eu connaissance de mon affectation à l’IST de Douala. Devant une telle insistance, j’ai été obligé de céder et d’aller le voir à Yaoundé. Travaillant dans une école catholique, ça n’a pas été trop dur d’obtenir les jours de congé qu’il fallait. Je suis donc parti le mercredi midi pour Yaoundé où j’ai retrouvé Jérémy et Odésie ainsi qu’Alice et Elise (2 volontaires de Fontem, à 2h de piste de Dschang). Le soir j’ai pu voir mon grand cousin Antoine, journaliste spécialiste du Vatican (c’est d’ailleurs par lui que j’avais eu l’information concernant la venue de Benoît XVI au Cameroun) et qui était dans l’avion du Pape. Il nous a offert un verre au Hilton, très probablement le meilleur hôtel du pays ! Le lendemain matin, la fameuse messe au stade Ahmadou Ahidjo, puis retour sur Douala en fin d’après-midi. Voyage vraiment rapide, pas vraiment eu le temps de voir Yaoundé, mais c’était surtout pour le Pape que j’étais là non ?
Leçon N°3 : ne jamais louper un WE DCC.
Avec près de 30 volontaires éparpillés aux 4 coins du territoire, le Cameroun est le pays le plus peuplé (de DCC) au monde ! Et c’est vraiment sympa d’avoir ce réseau. WE improvisés chez les uns chez les autres ou grands WE DCC organisés à l’avance, c’est toujours aussi agréable de pouvoir se retrouver, de souffler un peu, de changer d’air (surtout quand on habite Douala !). Au cours de ce dernier mois, je suis donc passé voir Stéphane de Makak (prof d’info et conseiller d’orientation au collège) et Max et Julie de Pouma (gestionnaires de l’hôpital).
Douala-Makak, c’est direct : ça se fait en train. Par contre, attention à ne pas louper le départ : y’en a que 2 par jour (voire peut-être même qu’un seul). Il n’y a qu’une seule voie et les croisements de trains se font exclusivement dans les gares. Alors il peut arriver que votre train s’arrête quelque temps dans une gare, le temps que le celui de Bolloré transportant les marchandises de Bolloré et nécessairement prioritaire (Bolloré est propriétaire de Camrail) arrive en sens inverse. En tout cas, on traverse des endroits tout-à-fait sublimes (Cf. photos sous peu) et c’est vraiment génial de pouvoir tranquillement ouvrir la porte du train et se pencher pour regarder (en se tenant et quand le train ne va pas trop vite bien-sûr : je suis fou, mais pas cinglé !). Arrivés à Makak, nous avons enchaîné sur un cours de cuisine camerounaise : le mbongo de poulet. Je suis habitué à manger ce plat chez une maman le midi, mais je ne m’étais pas vraiment rendu compte que cette petite sauce noire "toute simple" demande beaucoup de travail et un sacré entrainement. En effet, il s’agit d’écraser en poudre fine un certain nombre de condiments en utilisant juste une simple pierre. Et bien autant vous dire que si la jeune voisine de Stéphane ne nous avait pas donné le coup de main, on n’aurait pas mangé le dîner de si tôt ! Le samedi matin, retour à la terre : Stéphane cultive son jardin et nous l’avons aidé à préparer son champs de tomates. L’après-midi, nous avons pris les bensikines (motos) et traversé la forêt pour nous rendre jusqu’à des chutes où nous nous sommes baignés : en caleçon, en short ou tout habillé ! Le soir, après un dîner au resto où nous (oui au fait, nous = Stéphane et 2 de ses amis américains de Makak + Barbara, Adeline et Sophonie de Bafia + Jérémy, Odésie et Jérôme de Youndé + Emilie de Dschang + moi-même de Douala) avons dégusté la gazelle, nous nous sommes retrouvés projetés VIP dans une fête d’anniversaire où nous ne connaissions personne, pas même la jeune fille qui fêtait ses 23 ans : privilège des blancs ; je reviendrai là-dessus un de ces jours. Ensuite comme nous n’étions pas assez fatigué, Emilie, Stéphane et moi avons continué à jouer aux cartes jusque 4h30. 2h plus tard, nous étions debout pour aller prendre le train du retour. 3 jours de pur dépaysement.
Je ne vous présente pas de nouveau Pouma, son hôpital, Max et Julie les gestionnaires, leur maison et leur superbe terrasse. J’y suis retourné avec Emilie il y a 10 jours. WE très pépère, pas de débroussaillage à la machette cette fois-ci, mais de bons coups de ciseaux dans mes cheveux : ça devenait urgent. Une petite anecdote amusante : la messe du dimanche qui était la première messe du nouveau curé. En fait, nous ne sommes pas restés jusqu’à la fin : nous sommes partis au bout de 3h ! Les chants étaient vraiment beaux, mais l’homélie a tout gâché. Déjà que nous n’avions pas réussi à comprendre l’homélie du fait des problèmes de micro, mais quand le curé est parti dans (au moins) 1h d’homélie, 30 minutes en français incompréhensible du fait du micro et 30 autres en Bassa (dialecte local) donc encore plus incompréhensible (si ce n’est le terme Iesu), les nerfs ont commencé à lâcher. Quand on vous dit que les messes africaines sont longues !
Le Pape à Yaoundé, la Journée Mondiale de la Jeunesse à Douala : retour sur 2 évènements religieux
Les polémiques du mois de février m’avaient bien ébranlé et pour tout vous avouer, j’ai bien hésité à aller voir le Pape pour la messe de Yaoundé. Mais un évènement pareil n’arrive pas tous les jours en Afrique (et moi-même je en serai certainement pas en Afrique toute ma vie) : il fallait que j’y sois. Finalement, je n’ai pas vécu cet évènement aussi profondément que je l’aurais souhaité. Je m’attendais certainement à être subjugué comme pour les JMJ de Cologne, mais il n’en a rien été. Pourtant autour de moi la ferveur était là : quel accueil ! Et puis quelle belle messe : superbes chants en français, en anglais et en langues. J’ai juste regretté de ne pouvoir dire le Notre Père pour lequel le latin avait été choisi (…). Alors finalement, pourquoi ne pas être totalement rentré dedans ? Les récentes polémiques ? Les acclamations qui me semblaient trop importantes pour un simple homme ? Le trop grand empressement des fidèles pour donner leur offrande ou communier au cours d’une messe, tout compte fait aussi importante que toutes les autres ? Ma voisine sortant ses stylos pour qu’ils soient bénis ? Toujours est-il que je ne me suis senti un peu en décalage avec toute cette agitation. Mais je retiendrai cette ferveur, cette joie des gens à la vue du Pape, ce grand rassemblement pour une messe commune.
Mes missions : à l’IST-AC et à l’orphelinat
J’ai définitivement endossé mon costume de responsable des missions industrielles de l’IST-AC. Le suivi des missions en cours continue. Pour les étudiants, plus que 2 mois pour atteindre les objectifs ; pour les encadrants, satisfaction ou stress selon l’avancement et le retour du client ; pour moi-même, chasse aux informations pour se faire une opinion claire de chacune des MI et prendre les mesures nécessaires au bon achèvement de chacune.
Mais le gros du boulot se concentre maintenant sur la prospection des MI de septembre. Coups de fils, e-mails, rendez-vous : ça enchaîne. Enfin surtout les coups de fils car les rendez-vous ont bien du mal à tomber ces temps-ci et la pression monte d’un cran. Heureusement, les journées portes ouvertes de l’école viennent de se tenir, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives. Jeudi et vendredi les entreprises ont pu visiter nos locaux et discuter avec les étudiants et les professeurs. Du côté des MI, les exemples concrets présentés par les étudiants ont permis de montrer la complexité des études réalisées et la qualité du travail fourni. Je pourrai m’appuyer là-dessus pour vendre de nouveaux contrats. Affaire à suivre !
A l’orphelinat, les choses progressent tout doucement. Je réalise la difficulté de mon travail : s’occuper de 3 tranches d’âge en même temps n’est pas commode. Et les petits (moins de 5 ans) peuvent être particulièrement difficiles à gérer parfois.
Mon emploi du temps du mercredi n’est pas encore réglé, mes activités pas toujours très construites, mais ça s’améliore. J’essaie d’apprendre les couleurs aux petits (travail de longue haleine !), j’amène des livres pour raconter des histoires, j’ai acheté quelques crayons de couleur pour les faire dessiner. Je suis aussi aidé par Bénédicte, une étudiante en psychomotricité. Ses connaissances lui permettent de comprendre le comportement des enfants et de proposer quelques activités pour développer leurs aptitudes physiques et intellectuelles.
Avec les primaires, je continue sur la lancée en proposant des jeux de plein air trouvés parfois à la dernière minute. Le travail est bien plus brouillon ! Il faudrait que je prenne le temps de choisir mes activités et de les préparer à l’avance. Le jeu ne doit pas être une fin en soi. Il doit aider à transmettre quelque chose.
Avec les lycéens, le contact se fait. Lentement, mais sûrement ! Comme avec les primaires, je suis passé par le jeu : jungle speed et loup-garou. La semaine dernière, la sœur qui s’occupe de leur éducation religieuse m’a demandé si je pouvais lui donner un coup de main. Je n’ai pas vraiment d’expérience dans le domaine, mais l’idée de les aider à grandir dans leur vie dans et leur foi me plait énormément.
Pas mal de boulot en perspective pour approfondir mon poste à l’orphelinat. Reste à trouver/prendre le temps de se poser pour y réfléchir. Passer d’animateur à éducateur (soyons ambitieux !) ne se fait pas tout seul.
Ouest, Centre, Sud : attention me voilà !
Toujours un bon prétexte pour voyager, découvrir d’autres régions, d’autres villes, d’autres gens : mars a été un mois particulièrement riche.
Leçon N°1 : s’arranger pour que ce soit le patron qui paye les "vacances".
Un concours mi mai, des terminales C et D à informer : il ne reste plus qu’à choisir la région de rêve où faire le recrutement. Grâce à l’IST-AC, j’ai ainsi pu faire un aller-retour éclair à Kribi où j’ai eu un premier aperçu des fameuses plages de rêve (sable blanc, cocotiers, pirogues sur la plage et paillottes où déguster le poisson braisé). Mais le recrutement m’a surtout permis de découvrir la région de l’ouest, fameuse pour ses chefferies traditionnelles. J’ai ainsi pu visiter les collèges (=établissement privé) et les lycées (=établissement public) de Bafoussam, Bandjoun et Dschang… les chefferies ce sera pour une autre fois : j’étais là pour le boulot quand même ! En tout cas, j’ai pu découvrir le centre pour enfants handicapés où travaille Emilie (volontaire DCC avec laquelle j’étais en formation à Chevilly en novembre) ainsi que l’association de réinsertion des aveugles dont le directeur de l’IST-AC s’occupe particulièrement. Et puis je n’ai pas fermé les yeux (ni l’appareil photo d’ailleurs !) sur les différents paysages qui s’offraient à moi : je reviendrai fouler la terre rouge de l’ouest ! Au fait, petite anecdote juste pour le plaisir : les 3 h d’attente à Douala avant que le car de Bafoussam ne soit chargé, puis les 5h30 de trajet : patience, patience…
Leçon N°2 : profiter de la venue du Pape pour aller à Yaoundé.
Vexé que je ne sois allé le voir ni Sydney, ni à Paris ni à Lourdes, Benoît XVI a programmé un voyage au Cameroun dès qu’il a eu connaissance de mon affectation à l’IST de Douala. Devant une telle insistance, j’ai été obligé de céder et d’aller le voir à Yaoundé. Travaillant dans une école catholique, ça n’a pas été trop dur d’obtenir les jours de congé qu’il fallait. Je suis donc parti le mercredi midi pour Yaoundé où j’ai retrouvé Jérémy et Odésie ainsi qu’Alice et Elise (2 volontaires de Fontem, à 2h de piste de Dschang). Le soir j’ai pu voir mon grand cousin Antoine, journaliste spécialiste du Vatican (c’est d’ailleurs par lui que j’avais eu l’information concernant la venue de Benoît XVI au Cameroun) et qui était dans l’avion du Pape. Il nous a offert un verre au Hilton, très probablement le meilleur hôtel du pays ! Le lendemain matin, la fameuse messe au stade Ahmadou Ahidjo, puis retour sur Douala en fin d’après-midi. Voyage vraiment rapide, pas vraiment eu le temps de voir Yaoundé, mais c’était surtout pour le Pape que j’étais là non ?
Leçon N°3 : ne jamais louper un WE DCC.
Avec près de 30 volontaires éparpillés aux 4 coins du territoire, le Cameroun est le pays le plus peuplé (de DCC) au monde ! Et c’est vraiment sympa d’avoir ce réseau. WE improvisés chez les uns chez les autres ou grands WE DCC organisés à l’avance, c’est toujours aussi agréable de pouvoir se retrouver, de souffler un peu, de changer d’air (surtout quand on habite Douala !). Au cours de ce dernier mois, je suis donc passé voir Stéphane de Makak (prof d’info et conseiller d’orientation au collège) et Max et Julie de Pouma (gestionnaires de l’hôpital).
Douala-Makak, c’est direct : ça se fait en train. Par contre, attention à ne pas louper le départ : y’en a que 2 par jour (voire peut-être même qu’un seul). Il n’y a qu’une seule voie et les croisements de trains se font exclusivement dans les gares. Alors il peut arriver que votre train s’arrête quelque temps dans une gare, le temps que le celui de Bolloré transportant les marchandises de Bolloré et nécessairement prioritaire (Bolloré est propriétaire de Camrail) arrive en sens inverse. En tout cas, on traverse des endroits tout-à-fait sublimes (Cf. photos sous peu) et c’est vraiment génial de pouvoir tranquillement ouvrir la porte du train et se pencher pour regarder (en se tenant et quand le train ne va pas trop vite bien-sûr : je suis fou, mais pas cinglé !). Arrivés à Makak, nous avons enchaîné sur un cours de cuisine camerounaise : le mbongo de poulet. Je suis habitué à manger ce plat chez une maman le midi, mais je ne m’étais pas vraiment rendu compte que cette petite sauce noire "toute simple" demande beaucoup de travail et un sacré entrainement. En effet, il s’agit d’écraser en poudre fine un certain nombre de condiments en utilisant juste une simple pierre. Et bien autant vous dire que si la jeune voisine de Stéphane ne nous avait pas donné le coup de main, on n’aurait pas mangé le dîner de si tôt ! Le samedi matin, retour à la terre : Stéphane cultive son jardin et nous l’avons aidé à préparer son champs de tomates. L’après-midi, nous avons pris les bensikines (motos) et traversé la forêt pour nous rendre jusqu’à des chutes où nous nous sommes baignés : en caleçon, en short ou tout habillé ! Le soir, après un dîner au resto où nous (oui au fait, nous = Stéphane et 2 de ses amis américains de Makak + Barbara, Adeline et Sophonie de Bafia + Jérémy, Odésie et Jérôme de Youndé + Emilie de Dschang + moi-même de Douala) avons dégusté la gazelle, nous nous sommes retrouvés projetés VIP dans une fête d’anniversaire où nous ne connaissions personne, pas même la jeune fille qui fêtait ses 23 ans : privilège des blancs ; je reviendrai là-dessus un de ces jours. Ensuite comme nous n’étions pas assez fatigué, Emilie, Stéphane et moi avons continué à jouer aux cartes jusque 4h30. 2h plus tard, nous étions debout pour aller prendre le train du retour. 3 jours de pur dépaysement.
Je ne vous présente pas de nouveau Pouma, son hôpital, Max et Julie les gestionnaires, leur maison et leur superbe terrasse. J’y suis retourné avec Emilie il y a 10 jours. WE très pépère, pas de débroussaillage à la machette cette fois-ci, mais de bons coups de ciseaux dans mes cheveux : ça devenait urgent. Une petite anecdote amusante : la messe du dimanche qui était la première messe du nouveau curé. En fait, nous ne sommes pas restés jusqu’à la fin : nous sommes partis au bout de 3h ! Les chants étaient vraiment beaux, mais l’homélie a tout gâché. Déjà que nous n’avions pas réussi à comprendre l’homélie du fait des problèmes de micro, mais quand le curé est parti dans (au moins) 1h d’homélie, 30 minutes en français incompréhensible du fait du micro et 30 autres en Bassa (dialecte local) donc encore plus incompréhensible (si ce n’est le terme Iesu), les nerfs ont commencé à lâcher. Quand on vous dit que les messes africaines sont longues !
Le Pape à Yaoundé, la Journée Mondiale de la Jeunesse à Douala : retour sur 2 évènements religieux
Les polémiques du mois de février m’avaient bien ébranlé et pour tout vous avouer, j’ai bien hésité à aller voir le Pape pour la messe de Yaoundé. Mais un évènement pareil n’arrive pas tous les jours en Afrique (et moi-même je en serai certainement pas en Afrique toute ma vie) : il fallait que j’y sois. Finalement, je n’ai pas vécu cet évènement aussi profondément que je l’aurais souhaité. Je m’attendais certainement à être subjugué comme pour les JMJ de Cologne, mais il n’en a rien été. Pourtant autour de moi la ferveur était là : quel accueil ! Et puis quelle belle messe : superbes chants en français, en anglais et en langues. J’ai juste regretté de ne pouvoir dire le Notre Père pour lequel le latin avait été choisi (…). Alors finalement, pourquoi ne pas être totalement rentré dedans ? Les récentes polémiques ? Les acclamations qui me semblaient trop importantes pour un simple homme ? Le trop grand empressement des fidèles pour donner leur offrande ou communier au cours d’une messe, tout compte fait aussi importante que toutes les autres ? Ma voisine sortant ses stylos pour qu’ils soient bénis ? Toujours est-il que je ne me suis senti un peu en décalage avec toute cette agitation. Mais je retiendrai cette ferveur, cette joie des gens à la vue du Pape, ce grand rassemblement pour une messe commune.
Pour ceux qui l’auraient oublié, la Journée Mondiale de la Jeunesse, c’est tous les ans, le dimanche des rameaux. A cette occasion, une grande messe des jeunes était organisée à Douala à côté de la cathédrale le samedi matin (en fait ça n’a pas été la messe des rameaux !). Je devais être un des seuls blancs présent (d’ailleurs à ma paroisse nous ne sommes que 2 : le curé et moi !) mais j’ai vraiment adoré. Les chants étaient entraînants, l’ambiance très priante et surtout je me suis senti totalement intégré, totalement accueilli. Messe à taille humaine, chants et joie orientés vers Dieu et puis aussi un état d’esprit personnel différent : je suis vraiment rentré dans ce petit évènement.
Dèjà 4 pages sur Word et puis déjà 23h… Je vous aurais bien parlé de la rencontre des différents volontaires DCC, de mes premières escapades avec des expatriés, des liens que je consolide avec Marcellin et Ingrid, de la rencontre de Louis-Bernard, mais il faut vraiment que j’y aille : 7h de sommeil c’est largement insuffisant ici.
Le week-end prochain je serai à Fontem pour passer Pâques avec Alice, Elise et les camerounais de la zone anglophone du Cameroun.
Bonne fête de Pâques à vous tous et à bientôt !
PS : Avec près d’un mois de retard, bonne fête de la femme à toutes !