lundi 12 octobre 2009

Explorations dans le Nord Cameroun

« Tu verrais les autoroutes en France, les péages sont grands ! C’est vraiment bien différent de chez nous. Et puis tout au long du trajet il y a des aires aménagées où tu peux t’arrêter, te reposer un peu et acheter un petit coca… à la machine ». Le père Jacques, directeur des études de l’IST-AC a passé une partie de « l’été » en France pour rencontrer ses collègues de l’ICAM de Lille. A son retour, nous avons pris un poisson un poisson ensemble au quartier. J’étais amusé de voir son émerveillement à la vue de notre organisation, de notre technologie omniprésente. De la même manière, les Emmanuelle et Nicolas, en vacances au pays me raconteront combien la vie est plus simple, plus reposante en Europe : les bus partent à l’heure, on trouve tout dans les supermarchés (au bon (?) prix, sans négocier !) les voisins mettent leurs baffles à l’intérieur de leur appartement. Mais on vit aussi chacun de son côté, on ne connaît pas ses voisins, et le lien humain se perd peu à peu : caissière sera-t-il devenu un mot de vieux français lorsque je reviendrai à mon tour ?

Je n’ai pas souhaité renter en France pour les congés. Pas que ma famille, mes amis, mes Pyrénées et mon bassin d’Arcachon ne me manquent pas, mais 2 ans c’est tellement court pour découvrir un pays, une culture, des gens. Après le mariage de Benjamin à Yaoundé, je suis donc parti 15 jours à la découverte des régions du Nord Cameroun.

Initialement, j’avais souhaité raconter mon périple de manière détaillée afin de vous permettre de voyager un peu avec moi, de ressentir ce que les photos n’arrivent pas à faire passer, mais voyant que seul le voyage en train Yaoundé-Ngaoundéré prenait déjà une demi page, je me suis dit qu’il me faudrait condenser mes idées si je ne voulais pas vous livrer une autobiographie qui ne paraîtrait que dans plusieurs mois !

Comme je vous le disais donc, j’ai passé 15 jours à entrevoir quelques-unes des richesses du Nord Cameroun. Emilie et moi avions prévu ce voyage de longue date ; nous avions même élaboré un programme détaillé 2 semaines avant le départ. Finalement, ce programme, nous ne l’avons pas suivi du tout. Nous nous sommes laissés conduire au grès des rencontres et des opportunités : au jour le jour, comme en Afrique.

Des rencontres, nous avons eu l’occasion d’en faire au cours de ce séjour. Ce sont tout d’abord les volontaires DCC : ceux de l’Extrême Nord, Benjamin, Timothée et Jérôme, qui nous ont fait découvrir leur région, mais aussi ceux du Tchad, Morgane et Nancy. De bons moments échangés et pour moi tout particulièrement, la joie de retrouver Morgane, mon amie de Nantes : quel bonheur de revoir ces amis qu’on l’on a quitté en partant en coopé, que de choses à se raconter, que d’expériences à partager !

Mais n’aurait-il pas manqué quelque chose au voyage si nous n’avions eu l’occasion de rencontrer les gens, ceux qui vivent ici et qui savent mieux que quiconque nous présenter leur pays ? Toutes ces personnes avec qui nous n’avons échangé que 2 mots ou alors pris le temps de partager, et avec qui nous avons pu nous sentir un peu moins blancs, un peu moins touristes, un peu plus camerounais. Ce sont les mamans chez qui nous avons mangé, dans les marchés, assis sur les nattes et mangeant la boule de riz avec les doigts comme tout le monde, ce sont les chauffeurs de motos qui nous ont conduits à Roumsiki ou à Djingliya, les orphelins de Papa Philippe et Maman Martine, c’est aussi Jérémy, notre guide à Roumsiki, le prêtre rencontré à Djingliya qui nous accueilli tout simplement chez lui, la sœur de sœur Jeannette (du centre d’Emilie) heureuse de nous voir à Garoua ou encore le sultan de Pouss qui nous a reçus dans sa demeure ; tous ces gens qui, à leur manière, nous ont permis de voir quelques bribes de ce Cameroun inaccessible aux étrangers.

Quelles belles régions que celles du nord Cameroun ! Bien loin des forêts luxuriantes de la région du Littoral, des collines vertes et rouges de la région de l’Ouest, l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême Nord nous font découvrir des paysages plus proches des images d’Epinal de l’Afrique, de la savane aux espaces pré-sahéliens.

A moto vers Roumsiki, nous avons voyagé à travers ces immenses étendues plates, juste troublées ici et là par d’étranges pics rocheux sortis de nulle part. Quelques kilomètres plus loin, nous nous baladions dans la montagne, à 2 pas de la frontière nigériane, dans une grande vallée rendue toute verte par la saison des pluies : aux pics rocheux près, je me serais cru dans les Pyrénées… nostalgie, nostalgie…

Du côté de Djingliya, nous avons pris le temps de nous promener sur les petits chemins, passant à proximité des boukarous (cases rondes en terre et à toit de paille), croisant les mamans portant des pagnes multicolores et souriant aux enfants qui criaient « nassara, nassara (le blanc) ! Bonne année ! Les cadeaux ! ».

En allant vers Pouss, nous avons traversé les grandes rizières, nous avons salué les hippopotames du lac de Maga, puis nous nous sommes arrêtés au bord du Logone, frontière naturelle avec le Tchad.

Et puis à Lagdo, j’ai laissé cours à mes penchants d’aventurier, grimpant sur les rochers, traversant les hautes herbes dans ces espaces qui rappelaient un peu le Livre de la Jungle.

« Le Cameroun, une Afrique en miniature… »

Voilà donc en quelques mots le récit de mes explorations en terre camerounaise. Mais je vous laisse découvrir ça par vous-mêmes en regardant les différents albums photos… que j’espère mettre en ligne sous peu ! (le tri a été fait, mais mettre 100 photos sur Internet tout en continuant de travailler pour l’IST-AC et avec le débit qui est ce qu’il est reste une activité particulièrement sportive !).

Il me semble radoter, mais on le dit jamais assez et puis il vaut toujours mieux le dire 2 fois qu’une : merci à vous d’être là avec moi, par vos coups de fils, vos lettres, vos colis, vos méls, votre disponibilité sur msn et autres.

On est ensemble !!

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